Airbus : la chaîne de montage de Toulouse mise en pause

Airbus la chaîne de montage de Toulouse mise en pause

Dans un contexte de baisse des commandes en raison du coronavirus, Airbus annonce l’abandon de l’ajout d’une chaîne de montage pour l’A321neo à Toulouse. Eclairage.

Airbus abandonne ses plans de nouvelle chaîne de montage à Toulouse

Le projet de transformer la chaîne d’assemblage redondante de l’Airbus A380 à Toulouse en un hall de production pour le modèle A321 de la société, qui connaît une croissance rapide, a été abandonné. En effet, non épargné par la propagation planétaire du coronavirus, Airbus a mis en veilleuse son projet d’ajouter une chaîne de montage française pour son A321neo, l’appareil de ligne le plus vendu du consortium européen. Plus d’informations sur le sujet avec Parlorama, le site d’informations sur la politique et l’actualité européennes.

Huit années de croissance remises en question

Cette décision annonce le début d’une campagne à haut risques pour Airbus, visant à réduire les investissements et les frais généraux, alors que la pandémie a sérieusement remis en question les huit dernières années de croissance de la production de ses avions à couloir unique.

Airbus avait initialement annoncé des plans pour une chaîne de montage supplémentaire à Toulouse en janvier. Le constructeur européen souhaitait ainsi pouvoir répondre à la demande record de l’A321neo depuis son site de Hambourg, en Allemagne, qui a souffert de plusieurs goulots d’étranglement dans la production. Cela aurait permis de redéployer les emplois menacés par la disparition imminente de l’A380, le plus grand avion de ligne du monde dont la popularité auprès des compagnies aériennes a chuté au profit de modèles plus petits.

Bien que le plan d’une nouvelle chaîne de montage soit toujours d’actualité, il n’est toutefois plus prioritaire depuis qu’Airbus a annoncé une réduction d’un tiers de la production de jets comme l’A321, selon certaines sources. « Nos plans pour une ligne d’A321 à Toulouse sont en pause, en attente », a confirmé un porte-parole d’Airbus. « Quand nous verrons les tarifs augmenter à nouveau, nous pourrons alors réactiver nos plans ». Ces déclarations laissent en suspens l’énorme usine de production d’A380 Lagardère à Toulouse, où le dernier Super Jumbo doit sortir de la chaîne dans les prochains mois.

Naturellement, cette décision de suspension n’a pas été accueillie favorablement en France. A ce propos, les syndicats français ont déclaré qu’ils se battraient jusqu’au bout pour l’usine. « Contrairement à Guillaume Faury (PDG d’Airbus) qui veut arrêter les investissements non essentiels, nous pensons quel’arrivée d’une nouvelle ligne A321 dans l’usine Lagardère doit être maintenue », a déclaré Xavier Petrachi, responsable syndical de la CGT.

Quid de l’équilibre des emplois au sein d’Airbus ?

Cette décision pourrait relancer le débat sur l’équilibre des emplois entre les usines françaises et allemandes au sein d’Airbus, fondée en tant que consortium européen il y a 51 ans. Les compagnies aériennes se tournent de plus en plus vers les avions à couloir unique comme l’A321 assemblé à Hambourg, au détriment des gros porteurs assemblés à Toulouse, ce qui laisse les travailleurs français sur le carreau.

Les experts anticipent qu’en temps de reprise, les petits avions à réaction devraient prendre la tête du peloton, car ils sont plus faciles à remplir et leurs coûts de déplacement sont faibles. Airbus s’intéresse également aux coûts fixes qui pèsent plus lourdement sur la rentabilité de chaque avion lorsque la production baisse.

Après avoir investi plusieurs centaines de millions d’euros dans l’augmentation de la production, la structure de coûts d’Airbus lui permet de soutenir une production de 900 avions par an, alors qu’elle devrait en expédier beaucoup moins. « Nous réduisons toute la nature des coûts qui ne sont plus absolument nécessaires à court terme et préservons la capacité à traverser la crise », a déclaré M. Faury cette semaine.

Par ailleurs, Airbus a fait savoir qu’elle voulait réduire certains coûts en fonction de la réduction d’un tiers de la production, ont déclaré les syndicats. Cela inclut l’ingénierie, le support et les études de développement. Le personnel a été invité à prendre 10 jours de congés payés d’ici la mi-mai. Airbus a déclaré qu’il pourrait envisager des programmes de chômage partiel soutenus par le gouvernement, mais n’est pas encore passé à l’acte. Chez la concurrence, Boeing envisagerait, selon certaines sources, de réduire ses effectifs de 10 %.

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