Des scientifiques toulousains constatent la forte diminution des Glaciers des Andes

Bahia Ainsworth et Glacier Marinelli pratiquement disparu en janvier 2018 © Cristian Donoso et Alfredo Pourailly De La Plaza, Projet 'Postales de Hielo'

Nouveau témoignage du réchauffement climatique par des scientifiques toulousains.

Une analyse de 30 000 images satellites

À partir d’images satellitaires, une équipe de glaciologues toulousains, grenoblois et argentins viennent de préciser la réduction des glaciers andins entre 2000 et 2018. Les résultats, publiés dans Nature Geoscience, montrent que les glaciers perdent de la masse à toutes les latitudes. Entre 25° et 40°S, la partie la plus aride, la fonte accélérée des glaciers depuis 2009 a permis de limiter les effets néfastes d’une sécheresse extrêmement intense.

Les glaciers des Andes s’échelonnent sur plusieurs milliers de kilomètres depuis 10°N jusqu’à 56°S, couvrant une gamme de latitude et d’altitude unique sur Terre. Il en résulte des morphologies très différentes depuis des petits glaciers nichés à plus de 6000 m d’altitude dans les Andes arides jusqu’aux très vastes champs de glace de Patagonie couvrant plusieurs milliers de kilomètres carrés et se terminant dans des lacs ou dans l’océan Pacifique où ils donnent naissance à des icebergs. Si les études récentes s’accordent sur le fait que ces glaciers reculent et perdent de la masse, l’ampleur des pertes reste débattue. Les travaux souffrent soit d’un échantillonnage spatial trop limité (les mesures de terrain sont rares) soit d’une résolution trop faible lorsqu’ils s’appuyaient sur des données satellitaires. Cette nouvelle étude permet de préciser l’ampleur des pertes et révèle leur distribution géographique et leur variation temporelle au cours des deux premières décennies du XXIe siècle.

diminution des Glaciers des Andes
Bahia Ainsworth et Glacier Marinelli, février 1914
© Alberto de Agostini, Salesian Musée Maggiorinno Borgatello, Punta Arenas, Chili

Une perte de 23 gigatonnes par an

Pour parvenir à cette nouvelle estimation, les chercheurs ont construit des topographies à partir de plus de 30 000 couples d’images stéréoscopiques acquis par le satellite ASTER. Ils cartographient ainsi les variations d’épaisseur puis déduisent le changement de masse de 95 % des 19 000 glaciers des Andes, entre 2000 et 2009 d’une part et entre 2009 et 2018 d’autre part.

Le résultat ? Partout dans les Andes, les glaciers perdent de la masse depuis 2000. La perte totale atteint 23 gigatonnes par an, ce qui équivaut à un amincissement des glaciers de 0.85 m chaque année soulignent les spécialistes. Cela correspond à 10 % de la contribution globale des glaciers (hors calottes polaires) à la hausse du niveau des mers, alors que le sAndes contiennent moins de 5% des glaciers du globe. Les Andes sont ainsi l’un des massifs où l’amincissement des glaciers est le plus rapide sur Terre. « Plus de la moitié de ces pertes se produisent aux fronts des glaciers qui se terminent dans les lacs ou dans l’océan » précise Ines Dussaillant, première auteure de l’étude et doctorante à l’université Toulouse III – Paul Sabatier.

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