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Tarascon. Un commando « lourdement armé » fait évader un détenu

Attaque de l’escorte pénitentiaire par un commando « lourdement armé », dit procureur de la République

Un commando armé a attaqué une escorte pénitentiaire ce lundi matin devant le palais de justice de Tarascon (Bouches-du-Rhône), permettant à un détenu qui devait être conduit devant un juge d’instruction de s’évader. Vers 8 h 30, deux malfaiteurs « lourdement armés » ont fait irruption aux abords du palais de justice, a expliqué lors d’une conférence de presse le procureur de la République Patrick Desjardins, qui avait dans un premier temps évoqué trois assaillants. Face à eux, trois agents de l’administration pénitentiaire qui escortaient un détenu du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault).

Tir à hauteur d’homme

A l’issue de cette opération commando menée « par des individus très déterminés », au moins 11 douilles ont été retrouvées sur les lieux, à l’arrière du palais, une de 9 mm, « sans doute l’arme de poing vue sur les images vidéos de l’attaque », et plusieurs de 5.52, du type fusil d’assaut, a précisé Patrick Desjardins. « Ils n’ont pas hésité à tirer sur le véhicule quand celui-ci a tenté de prendre la fuite avec le prisonnier encore à bord, et plusieurs impacts ont été relevés sur le fourgon, dont un sur le pare-brise, à hauteur d’homme », a insisté le procureur, précisant que la sortie du détenu du fourgon n’avait en revanche pas été filmée par les caméras de surveillance.

Aucun blessé par balles

S’ils sont « très choqués », aucun des trois membres de l’escorte pénitentiaire, dont une femme, n’a cependant été blessé par balles. Le plus touché, qui a reçu des coups, est celui qui était sorti du véhicule pour aller demander l’ouverture de la porte d’accès du bâtiment. Un autre a été touché par des éclats de verre.

Les agents, membres du pôle régional d’extraction judiciaire et « spécialement formés » pour ces missions, n’ont pas fait usage de leur arme à feu, a précisé la direction de l’administration pénitentiaire à l’AFP.

Les deux membres du commando et le détenu ont pris la fuite, d’abord à pied, ensuite sans doute en voiture, selon le procureur. Le prisonnier évadé, âgé de 27 ans, n’avait pas le statut de « détenu particulièrement surveillé », a insisté Patrick Desjardins, mais il était « dans le spectre haut de la délinquance, (…) même si il est encore trop tôt pour parler de grand banditisme ».

Mis en examen pour vol aggravé et long casier judiciaire

« Il était mis en examen pour vol aggravé et allait être présenté à un juge d’instruction », a-t-il précisé: « Sur ses 14 mentions au casier judiciaire, il y avait des faits parfois bénins, mais aussi du trafic de stupéfiants, et il était sans doute en train de monter en puissance ». « Mode opératoire très violent » « Le mode opératoire est très violent. Cela fait longtemps qu’on n’a pas vu une attaque de fourgon à l’arme automatique. C’est très choquant pour les agents, qui ont eu de très bon réflexes », a-t-on commenté à la direction de l’administration pénitentiaire. Les enquêteurs spécialisés de la police judiciaire de Marseille ont été saisis de l’enquête, pour tenter de les interpeller, et un « plan de recherches » a été déclenché, impliquant notamment les gendarmes des compagnies voisines.

Ce lundi en fin de matinée, l’arrière du palais de justice, où a eu lieu l’attaque, était bouclé, et de nombreux policiers s’affairaient sur les lieux, a constaté un journaliste de l’AFP. Selon Karim Terki, représentant CGT pénitentiaire, « ce détenu avait déjà tenté de s’évader lors d’une précédente incarcération. L’administration est bien naïve, il a fait le gentil pendant des mois pour tenter de s’évader de nouveau ».

La dernière évasion spectaculaire en France remonte à fin décembre : un détenu a franchi les murs d’enceinte de la prison de Fresnes depuis une cour de promenade, en s’aidant d’un grappin de fortune fait de draps noués à un morceau de bois. Les surveillants ont tiré trois coups de feu depuis les miradors sans l’arrêter. Il est toujours recherché. En juillet 2018, le braqueur récidiviste Redoine Faïd, s’était enfui par hélicoptère sous le nez de ses gardiens à Réau (Seine-et-Marne), grâce à deux complices, cagoulés, armés de fusils d’assaut et de meuleuses. Il avait été arrêté en octobre. Enfin, le 4 juin 2014, un important trafiquant de drogue de Seine-Saint-Denis, Ouaihid Ben Faïza, 40 ans, incarcéré à Villepinte depuis 2011, avait été libéré par un commando armé à sa sortie d’une consultation à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis. Il a été condamné à 8 ans d’emprisonnement en 2016 pour cette évasion.

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