Opinion – Pour une maitrise publique de l’aéroport Toulouse Blagnac par Carole Delga

Carole Delga : Pour une maitrise publique de Toulouse-Blagnac La vente de 49,9% des parts de l’aéroport Toulouse Blagnac a suscité des craintes et des interrogations légitimes.

Avec 7,5 millions de passagers, l’aéroport Toulouse Blagnac est le 5ème aéroport de France et le 1er aéroport régional de fret. Il constitue un élément essentiel d’aménagement de notre Région et un outil de développement économique territorial performant. A ce titre, je suis résolue à ce que sa maitrise demeure publique. Aujourd’hui, les actionnaires publics détiennent 50,01% du capital de la SATB (société assurant l’exploitation de l’aéroport Toulouse-Blagnac). L’Etat détient 10,01%, les actionnaires publics locaux 40% (CCI Toulouse : 25%, la Région, le Conseil Départemental et la métropole toulousaine 5% chacun), CASIL Europe a acquis les 49,9% des parts restantes.

Les enjeux autour de l’exploitation de notre aéroport concernent tant les évolutions du trafic (nombre de mouvements, vols de nuit) que les orientations stratégiques.

Le développement de notre infrastructure ne peut se faire au détriment des riverains, des enjeux environnementaux et du tissu économique et industriel qui fait la fierté de notre Région. Pour les riverains, depuis 2010, l’augmentation du trafic de 17 % des passagers ne s’est traduite que par une augmentation de 1% du nombre de mouvements, grâce à l’augmentation de la capacité des appareils et à l’optimisation de leur remplissage. Preuve qu’il est possible d’accompagner la montée en charge de notre aéroport, tout en limitant les effets négatifs pour les riverains.

C’est aussi pour cela que les décisions importantes doivent appartenir aux représentants de l’intérêt général parce qu’ils ont été élus par celles et ceux qui vivent dans nos territoires. Je ne peux accepter qu’en l’état actuel des choses, les actionnaires publics se voient interdits d’avoir le dernier mot parce que les décisions majeures sont prises aux deux tiers des membres du conseil de surveillance.

C’est pour cela que je défends un projet de modification des statuts de la SATB confortant et assurant une minorité de blocage aux acteurs locaux.

Je m’oppose catégoriquement à la cession d’autres parts encore publiques à un actionnaire privée. Si la question de la vente des parts résiduelles encore détenue par l’Etat venait à se poser entrainant une privatisation, je souhaite que les actionnaires publics locaux envisagent son rachat. Si je suis élue Présidente de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, j’engagerais dès le début du mandat les réflexions et études techniques le permettant, notamment avec la mise en place d’un actionnariat citoyen pour renforcer l’actionnariat public.

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