Mali. l’ONU fixe des limites à l’intervention militaire internationale

Mali. l’ONU fixe des limites à l’intervention militaire internationale La communauté internationale doit aider les autorités maliennes à lancer un processus politique crédible qui tienne des causes profondes de la crise sévissant dans ce pays, et leur offrir toute l’assistance souhaitable sur le plan militaire pour aider à reconquérir le nord du territoire, a déclaré, vendredi, le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson. Il a également prévenu que toute intervention devait s’abstenir « d’exacerber les tensions existantes ni d’aggraver une situation humanitaire déjà précaire ».

M. Eliasson a tenu ces propos lors d’une réunion de l’Union africaine, de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et du Groupe de suivi et de soutien des Nations Unies au Mali, réunion qui s’est tenue vendredi à Bamako, en Afrique de l’Ouest.

« Toute action militaire doit se faire à l’appui d’une stratégie politique et de la réunification du pays. Et pour que la communauté internationale légitime une force militaire internationale, les droits humains et le droit humanitaire doivent être scrupuleusement respectés », a expliqué M. Eliasson.

« L’objectif de ce processus politique est de forger une vision nationale et inclusive pour l’avenir du Mali. Ceci exige une feuille de route pour la transition, de manière à ce que les préparatifs puissent débuter », a-t-il ajouté.

Actuellement dirigé par le Président par intérim, Dioncounda Traoré, le Mali fait face à une série de défis sur les fronts sécuritaire, politique et humanitaire depuis le début de l’année. Des combats entre forces gouvernementales et rebelles touaregs ont éclaté dans le pays au début du mois de janvier. Depuis, des islamistes radicaux ont pris le contrôle de la partie nord du pays, où ils appliquent une interprétation extrême de la charia, ainsi que des restrictions prenant en particulier pour cible les femmes.

Depuis que les groupes islamistes tels qu’Ansar Dine, le MUJAO (Mouvement pour l’unité du djihad en Afrique occidentale) et AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) ont pris le contrôle du nord, « nous assistons à des exactions telles que des restrictions des droits civils et politiques […] et des peines cruelles et inhumaines sont systématiquement appliquées : exécutions, amputations et lapidations », avait indiqué, le 9 octobre dernier, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’homme, Ivan Šimonovic.

L’instabilité et l’insécurité résultant de ces affrontements, ainsi que la prolifération de groupes armés dans la région, de la sècheresse et de l’instabilité politique au lendemain du coup d’état militaire de mars 2012, ont poussé plus de 250.000 Maliens à fuir dans les pays voisins, sans compter les 174.000 autres déplacés internes.

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