Soudan. Le président Omar Al Bachir reste poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a demandé mardi au Conseil de sécurité de prendre des mesures pour faire arrêter les dirigeants soudanais poursuivis pour crimes graves, soulignant que le refus du Gouvernement du Soudan de livrer le Président Omar Al-Bachir à la justice internationale constituait un « affront » direct à l’autorité du Conseil. « La promesse de ne jamais plus commettre les erreurs du passé est mise à l’épreuve, aujourd’hui, au Soudan », a déclaré M. Luis Moreno Ocampo pour sa dernière intervention devant le Conseil en sa qualité de Procureur. Il quittera ses fonctions à la Cour le 16 juin.

« Le Président Al-Bachir profite de son statut de chef d’État pour poursuivre sa stratégie et se protéger et protéger ses proches contre toute poursuite judiciaire », a lancé M. Moreno-Ocampo, qui a affirmé que la Cour ne disposait d’;aucune information portant à croire que les crimes pour lesquels il est poursuivi ont cessé.

Dix juges de la CPI, a-t-il rappelé, ont examiné les preuves réunies par le Bureau du Procureur et conclu que les forces du gouvernement du Soudan avaient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au Darfour « selon une stratégie approuvée au plus haut niveau de l’État », a affirmé le Procureur.

La Chambre préliminaire a identifié les personnes devant comparaître et émis des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre d’Ali Kushayb, dirigeant des miliciens janjaouites, d’Ahmed Harun, ancien Ministre d’État chargé de l’intérieur, et d’Abdel Raheem Muhammad Hussein, ex-Ministre de l’intérieur, qui faisait directement rapport au Président Omar Al-Bachir.

« La responsabilité de ces personnes n’est pas la conséquence de leur titre officiel », a accusé le Procureur : « des témoins ont décrit qu’elles avaient participé activement à la stratégie visant à commettre ces crimes ».

Quant au Président soudanais Omar Al-Bachir, a-t-il précisé, la Chambre préliminaire a conclu qu’il devait être poursuivi et arrêté pour crime de génocide car il avait agi « dans l’intention précise de détruire les groupes ethniques Fur, Masalit et Zaghawa ».

Depuis 2003, près de 300.000 civils ont trouvé la mort au Darfour dans les affrontements opposant les groupes rebelles aux forces gouvernementales et à leurs alliés, les milices janjaouites. La CPI a également émis des mandats d’arrêt contre les dirigeants rebelles Abdallah Banda, Saleh Jerbo et Abu Garda, accusé de crimes de guerre.

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