Criminalisation des pauvres : la France dans le collimateur de l’ONU

Fotolia_132255_SLes arrêtés anti mendicité récemment pris à Marseille ou dans la Seine et Marne n’ont pas échappé à l’Organisation des Nations Unies. Sans toutefois citer la France, la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Magdalena Sepulveda, a tiré la sonnette d’alarme cette semaine sur la tendance grandissante à punir et à exclure les plus vulnérables par l’adoption de lois anti-mendicité ou de criminalisation de l’occupation des lieux publics tels que les parcs ou les places. Mais la France est clairement pointée du doigt.

Devant l’Assemblée générale de l’ONU, la Rapporteuse spéciale a critiqué « les lois interdisant la mendicité, de dormir et manger dans les parcs et les places, et les mesures autorisant l’expulsion des populations des stations de trains et des centres commerciaux, excluant des populations des villes ou criminalisant la fraude aux prestations sociales ».

« Les Etats sont en train d’intensifier l’adoption de lois et de régulations qui pénalisent les pauvres », a-t-elle ajouté.

Reconnaissant la situation critique de nombreux gouvernements et de l’impact de la crise économique mondiale, Mme Sepulveda a insisté sur le fait qu’appliquer des politiques d’austérité ne légitime pas l’adoption de lois qui punissent les pauvres.

« Non seulement de telles mesures sapent les droits humains, mais le coût de leur mise en oeuvre l’emporte toujours sur les coûts des réponses aux causes profondes de la pauvreté et de l’exclusion », a déploré Mme Sepulveda.

La Rapporteuse spéciale a tiré la sonnette d’alarme sur les mesures disproportionnées utilisées contre les populations vivant dans la pauvreté, bafouant leurs droits fondamentaux.

« Il y a quelque chose qui ne va vraiment pas dans nos sociétés, si nos politiques supposent que les personnes les plus marginalisées et les plus désavantagées sont paresseuses, irresponsables, indifférentes à la santé et l’éducation de leurs enfants et malhonnêtes », a souligné Mme Sepulveda.

La Rapporteuse spéciale a encouragé les Etats à utiliser la crise comme une opportunité pour augmenter le soutien aux personnes vivants dans la pauvreté et pour encourager le changement dans les attitudes sociétales envers les pauvres ainsi qu’à bannir les stéréotypes et changer les attitudes discriminatoires.

Photo © green308 – Fotolia.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.