Sarkozy et le pouvoir d’achat, pourquoi les français n’y croient plus

800px-Pete_Souza_-_The_White_House_-_P033010PS-0558_(us-gov-work)“Travailler plus pour gagner plus” le slogan a peut être fait l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république française. Dans une France déprimée où les “déclinologues” glosaient sur la fin de règne de Jacques Chirac, Sarkozy avait tenté de miser sur la rhétorique de “la rupture” en faveur des petites gens. “De cette France qui se lève tôt” comme l’avaient alors martelé ses portes paroles lors de la campagne présidentielle de 2007. 4 ans plus tard, les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se sont creusées. Le chômage a explosé et l’inflation rogne un pouvoir d’achat déjà miné. Bref, Nicolas Sarkozy a déçu. Et il n’est pas certain que l’argument de la crise suffise à faire passer la pilule.

Premier exemple de cet échec : le fameux bouclier fiscal. Il a été vécu comme une injustice par une très large majorité des français. Les français les plus riches se sont vus remettre des chèques de plusieurs dizaines de milliers d’euros… par le Trésor public ! Une mesure surréaliste à l’heure où la crise sévissait. Un échec à mettre en perspective avec la politique de fermetures de services publics dans les campagnes …. pour cause de déficit budgétaire.

De l’argent pour les banques. En pleine tempête financière, les banques ont sollicité l’aide publique. Il s’agissait alors, à juste titre, de sauver le système bancaire français. Mais, là aussi, le gouvernement a pu sauver les banques en difficultés mais refuse encore et toujours de mettre en place un grand plan d’aide à l’emploi des jeunes d’un montant équivalent. Là aussi, simple avance sur des recettes futures garanties pour les finances de l’Etat par le biais de la relance de la consommation et donc de la collecte d’impôt.

3e exemple : l’indélicatesse d’un Président de la République qui sitôt arrivé au pouvoir a considérablement augmenté sa propre rémunération. Le chiffre exact importe peu mais ce geste est symbolique.

Le cas des fonctionnaires. Il est catastrophique. La politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux a mis à bas un grand nombre de services publics. Toutes les administrations ont été visées par cette politique : l’armée avec la réorganisation de la France en Base défense et la fermeture de plusieurs régiments, la justice avec la fermeture de nombreux tribunaux de proximité. L’hôpital où le personnel dénonce toujours un manque de moyens et surtout d’effectifs. La Poste où les conditions de travail se dégradent. Que dire de l’éducation nationale ? Des fermetures de classes et d’écoles sont programmées dans toute la France. Des villages et des zones rurales sont menacées. Et le gouvernement, chose inédite dans l’histoire a réussi à se mettre à dos syndicats d’enseignants, parents d’élèves de gauche comme de droite et même les établissements du privé !

Ces fonctionnaires qui se voient refuser, pour la énième année d’affilée une augmentation !

Bref, à un an de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, au plus bas dans les sondages d’opinion, tente de resservir l’argument du pouvoir d’achat. Mais à la différence du précédent scrutin, il n’est pas certain qu’il soit écouté sur ce point cette année.

Photo DP/Pete Souza The White House

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