Liban – Zone Tampon entre Chiites et Sunnites

Encore un exemple flagrant de la position qu’occupe le petit pays du Cèdre au Moyen-Orient. L’Agence France Presse revient sur les incessantes querelles des grandes puissances de la région qui se règlent au Liban. Deux mouvances politiques principales se disputent la souveraineté politique et idéologique dans le pays: les courants pro-iranien et pro-saoudien. Où shiites contre sunnites, en somme.

Jeudi, le Premier Ministre sortant Saad Hariri déclarait dans un discours que l’Iran était la source des troubles politiques, économiques et sécuritaires de la région. Et d’ajouter que le Liban ne « deviendrait pas un protectorat iranien ».

Rapportant ces propos, le quotidien libanais pro-syrien en langue arabe Ad Diyar affirmait samedi que les libanais ne sortiraient pas indemnes de la guerre froide entre l’Iran et L’Arabie Saoudite. Guerre froide, le mot est donc lâché. Car si les deux superpuissances régionales ne s’affrontent pas directement, l’aspect de défi militaire permanent n’en reste pas moins très présent.
La récente intervention du royaume pétrolier pour rétablir l’ordre à Bahreïn, afin de soutenir le pouvoir sunnite contre des manifestants à majorité shiites en est une parfaite illustration.

Si l’Arabie Saoudite compte un allié de poids – les Etats-Unis – dans le défi permanent qui l’oppose à l’Iran (sur la question du Yémen, par exemple), le géant shiite possède d’autres atouts. Tout aussi efficaces que nombres d’armées régulières, les mouvements Hamas (Gaza) et Hezbollah (Liban) sont armés, formés et dirigés par l’Iran. Sans que personne n’y puisse rien.

Rien de bien étonnant à ce que le discours prononcé samedi par le sayyed Hassan Nasrallah, et dont iloubnan.info, site d’information libanais, nous rapporte la teneur, n’ait été qu’une violente charge contre son opposant sunnite Hariri. L’accusant de jouer le jeu d’Israël et d’avoir passé des accords avec les Etats-Unis pour « éliminer la résistance », Nasrallah a notamment cité des câbles Wikileaks.

Une guerre des mots bien réelle, qui fait craindre à l’Express qu’elle ne débouche (encore une fois) sur un conflit bel et bien armé. Et ça n’est pas les événements ayant lieu de l’autre côté de la chaîne montagneuse de l’Anti-Liban, en Syrie, qui rassurent qui que ce soit.

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