Libye : l’envoyé spécial de l’ONU doit rencontrer gouvernement et opposition

Lors de la conférence internationale sur la situation en Libye qui s’est déroulée mardi à Londres, au Royaume-Unis, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que l’intervention des Etats membres dans le pays a permis « d’éviter une catastrophe humanitaire » et a indiqué que l’ONU continue ses efforts diplomatiques avec les différents partenaires.

Abdel-Elah Al Kathib

« Les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité constituent une déclaration sans équivoque de notre détermination pour forcer le gouvernement de Libye à mettre un terme à la campagne de violence contre ses propres citoyens », a déclaré Ban Ki-moon dans un discours prononcé à Londres pendant la conférence.

« Lorsque les frappes aériennes ont commencé, les forces gouvernementales étaient positionnées pour entrer à Benghazi. Un bain de sang semblait inévitable. Pour l’instant, nous avons empêché une catastrophe humanitaire. Maintenant nous savons également que les opérations aériennes seules ne résoudront pas la crise », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a souligné que l’ONU continue ses efforts diplomatiques et que son Envoyé spécial, Abdel-Elah Al Kathib, retournera bientôt en Libye afin de rencontrer les membres du gouvernement et de l’opposition ainsi que des représentants de la Ligue des Etats Arabes, de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des pays islamiques et de l’Union européenne (UE).

« La transition vers un gouvernement et une société démocratique va prendre du temps et nécessite notre soutien. Les Nations Unies sont prêtes et ont la volonté d’assister le peuple de Libye dans sa transition », a expliqué le Chef de l’ONU.

Ban Ki-moon a salué les consultations avec les partenaires internationaux qui se sont récemment tenues à Addis-Abeba, en Ethiopie, sous l’égide de l’Union Africaine. Il a aussi apporté son soutien à l’établissement du Groupe de contact pour la Libye.

« Il est important de rappeler que la résolution 1973 du Conseil de sécurité demande aux autorités libyennes de respecter pleinement leurs obligations en matière de droit international humanitaire et de droits de l’homme », a souligné Ban Ki-moon.

« Comme vous le savez, nous continuons à recevoir des rapports troublants sur le manque de protection des civils y compris des travailleurs migrants ainsi que sur des violations des droits de l’homme perpétrées par les parties au conflit », a-t-il précisé.

Selon les dernières estimations du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), environ 380.000 personnes ont quitté la Libye depuis le début de la crise et 13.000 autres ont trouvé refuge aux frontières égyptienne et tunisienne. A ce jour, 67% des 167 millions de dollars réclamés par l’ONU et ses partenaires ont été récoltés.

« Bientôt, le peuple libyen devra de nouveau dialoguer. Notre volonté est de les aider sur le long terme notamment en se concentrant sur l’établissement d’arrangements transitionnels qui permettraient de satisfaire les aspirations du peuple libyen », a dit Ban Ki-moon.

« Les changements en cours en Libye et en Afrique du Nord nécessitent une réponse coordonnée et efficace de la part de la communauté internationale », a-t-il conclu.

Le 17 mars, le Conseil de sécurité a adopté une deuxième résolution sur la Libye, la résolution 1973, qui a autorisé les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les populations civiles en Libye contre les attaques des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Qadhafi, dont l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne. La résolution a également élargi le mandat du Comité de sanctions.

Le 26 février, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1970 qui a décidé d’une saisine de la Cour pénale internationale et de sanctions contre les autorités libyennes, dont un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs.

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