Libye : les premiers boat people arrivent en Italie et à Malte

Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a appelé lundi l’Union européenne (UE) et les Etats membres de l’ONU à aider l’Italie et Malte à faire face à l’arrivée de plusieurs bateaux en provenance de Libye qui accentue la pression sur les capacités d’accueil. « Le HCR appelle les institutions de l’Union européenne et les Etats membres à aider l’Italie à faire face à ces nouveaux défis », a indiqué mardi la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Plus de 2.000 non Libyens ont fui Tripoli par bateau et sont arrivés en Italie et à Malte, faisant pression sur les capacités d’accueil. Cinq bateaux sont arrivés en Italie depuis samedi dernier, avec 1.481 personnes à leur bord. Deux autres bateaux sont arrivés lundi à Malte avec 535 passagers. La plupart sont Erythréens et Somaliens, dont beaucoup de femmes et d’enfants, mais il y a aussi des Ethiopiens, des Soudanais et un certain nombre d’autres nationalités. A ce jour les Libyens ne semblent pas faire partie de ceux qui arrivent dans ces deux pays », a-t-elle ajouté. Les passagers du premier bateau ont débarqué sur la petite île de Linosa, à environ 50 kilomètres au nord-est de Lampedusa. Deux autres bateaux sont arrivés en Italie dimanche et ont également débarqué sur Linosa avant que les passagers soient transférés en ferry vers la Sicile. Deux autres bateaux sont arrivés tôt mardi matin, l’un en Sicile et l’autre à Lampedusa.

Le HCR est en train de négocier la mise en oeuvre de plans d’intervention d’urgence avec les autorités italiennes et maltaises et la Croix-Rouge afin de préparer l’arrivée d’autres migrants.

« Ce matin des informations non confirmées révélaient l’existence d’un certain nombre de bateaux en détresse en Méditerranée avec à leur bord d’autres personnes fuyant la Libye », a affirmé la porte-parole du HCR.
La capacité d’accueil de la plus grande île italienne de Lampedusa est déjà dépassée, suite à l’arrivée de milliers de Tunisiens ces dernières semaines.

Depuis mi-janvier, 19.000 Tunisiens, essentiellement des jeunes hommes à la recherche d’un emploi, sont arrivés à Lampedusa. Tandis que 13.000 ont été transférés dans des centres d’accueil en Sicile et sur le continent italien, plus de 6.000 migrants tunisiens sont encore là, plus nombreux que les quelque 5.000 habitants de l’île. « Le flux continu de Tunisiens, dont la plupart ne sont pas à la recherche d’une protection internationale, exerce une pression sur la capacité de l’Italie de répondre à l’arrivée de demandeurs d’asile et de réfugiés fuyant la violence en Libye », a expliqué Melissa Fleming.

Le 27 mars, les autorités égyptiennes d’immigration ont enregistré 2.055 personnes à la frontière égyptienne de Salloum en provenance de Libye dont 367 Egyptiens, 1.154 Libyens, 184 Nigérians, 121 Tchadiens, 88 Soudanais et 46 Syriens. Le même jour, les autorités tunisiennes à la frontière de Ras Adjir ont signalé que 906 personnes avaient franchi la frontière en provenance de Libye dont 207 Egyptiens, 206 Bangladais, 136 Tchadiens et 134 Erythréens.

Outre les arrivées en Italie et à Malte, au 27 mars 381.888 personnes avaient fui la violence en Libye, parmi lesquelles plus de 193.783 vers la Tunisie (dont 19 541 Tunisiens, 23.184 Libyens et 145.476 autres), 156.471 vers l’Egypte (dont 79 020 Egyptiens, 32.679 Libyens et 44.772 autres), 15 647 vers le Niger (dont 14.698 Nigériens et 949 autres), 9.987 vers l’Algérie (dont des évacuations terrestres, aériennes et maritimes), 3.200 vers le Tchad et 2.800 vers le Soudan.

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