Seuls 46 Etats ont interdit les armes à sous munition

La Vice Secrétaire générale de l’ONU, Asha-Rose Migiro, a appelé mardi tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à signer et ratifier la Convention internationale sur les armes à sous-munitions signée par 108 États membres, dont 46 qui l’ont ratifiée, et entrée en vigueur le 1er aout dernier.

Egalement appelé « Convention d’Oslo », du nom de la capitale norvégienne où le texte final a été adopté en 2008, ce nouveau traité international interdit l’usage, la mise au point, la production, l’achat ou la vente des armes à sous-munitions. Il prévoit également des dispositions sur l’assistance aux victimes et impose aux Etats signataires de « nettoyer » les zones géographiques dans lesquelles celles-ci ont été utilisées sans systématiquement exploser.

Intervenant en ouverture de la première conférence des parties à la Convention qui se tient toute la semaine dans la capitale du Laos, Vientiane, Asha-Rose Migiro a salué l’entrée en vigueur « d’un traité qui donne un grand élan au droit international humanitaire » et qui est « sans ambigüité sur l’interdiction » de ces armes.

Après avoir réitéré l’appel lancé à plusieurs reprises par le Secrétaire général, Ban Ki-moon, pour que tous les Etats membres de l’ONU rejoignent la Convention « sans délai », elle a également rendu hommage au Laos, l’un des pays de la planète les plus touchés par ces armes à sous-munitions.

« Depuis plus d’un demi-siècle, ces armes tuent, blessent et détruisent des vies au Laos. Vous avez compté plus de 50.000 victimes d’armes à sous-munitions n’ayant pas explosé. L’impact social, économique et environnemental a été profond. En accueillant cette première Conférence des parties, votre gouvernement démontre son engagement en faveur de la sécurité humaine – ici et partout dans le monde », a-t-elle ajouté.

Se faisant l’écho de cet appel et de cet hommage, le Directeur du Service de la lutte anti-mines l’ONU (UNMAS), Maxwell Kerley, a appelé aussi les États à appuyer la Convention « pour mettre fin à la perte inutile de vies innocentes, causée par ces explosifs qui se retrouvent sur les routes, les chemins, dans les vergers ou les fermes, qui rendent les champs infranchissables, perturbent les conditions de vie des gens, empêchent la distribution de l’aide ou la réinstallation des réfugiés ».

Devant les participants, le chef de service onusien de déminage a également estimé que la Convention d’Oslo était « l’étape la plus importante franchie dans le désarmement conventionnel mondial depuis l’entrée en vigueur du traité d’interdiction des mines anti-personnelles, en 1999 ». Appelé aussi « Convention d’Ottawa », ce traité impose aux signataires de détruire tous leurs stocks de mines anti-personnelles dans les quatre ans suivant sa ratification et d’;éliminer toutes les mines présentes sur leur territoire dans un délai de dix ans.

La Convention d’Oslo doit produire les mêmes effets que celle d’Ottawa, à savoir l’élimination totale à long terme de ces armes, qui contiennent des dizaines d’explosifs qui se dispersent avant d’arriver au sol mais n’explosent pas toujours, créant de vaste champs de mines actifs pendant des décennies.

Selon l’ONU, depuis leur apparition il y a une soixantaine d’années, les armes à sous-munitions ont été utilisées dans 39 pays et régions du monde, par au moins 18 Etats. Fin 2009, l’ONU recensait 16.816 victimes directes d’armes à sous-munitions, un chiffre qui dépasse 85.000 si sont pris en compte les victimes d’explosions intervenues après leur largage.

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