Festival d’Automne : Nasser et Dr Flake à la Dynamo le 11

Formé il y a seulement quelques mois, Nasser est une grenade dégoupillée dans la mêlée électro. Le groupe n’a pas fait de détail pour se lancer à l’abordage d’un paysage musical en pleine cure de rajeunissement. Ses arguments sont simples et imparables : un clash furieux de kicks puissants et d’esprit rock joué à fort volume, une mixture électro-instrumentale décapante qui remet à plat tout ce que vous pensiez savoir sur la question cruciale “comment transpirer sur un dancefloor”.

Nicolas, Simon & Romain (les initiales N, S et R en filigrane de Nasser) n’ont pas eu à forcer leur nature. Peu intéressé par la branchitude forcée de l’électro-clash, épaules rentrées pendant la vague minimale, le trio a accueilli avec délectation la nouvelle déferlante électro et embrayé avec Nasser une mémorable série d’uppercuts sonores. Sortis sur Leonizer (label de Leonard de Leonard), ces morceaux ont quasi-instantanément trouvé leur public. Il faut dire que le terrain avait été bien préparé par Soulwax ou LCD, influences évidentes du groupe : Nasser prolonge cette humeur punk jubilatoire et un goût certain pour le frisson acid-techno. Des petits clubs underground de leur ville au festival Solidays en passant par les Nuits Sonores à Lyon, leurs premières prestations ont fait crépiter les beats : un feu d’artifices qu’un public, venu autant pour faire la fête qu’en découdre avec le son, retrouve à chaque live du trio incendiaire. Let There Be Rock.

Au delà des qualités d’hymnes radicalement dancefloor qu’on leur reconnaît à la première écoute, les tracks “Come On”, “Too Loud, Too Old” sont de furieux coups de boutoirs contre l’inertie des foules et les idées reçues. Les chorus en béton armé de “We Don’t Understand” et les riffs au napalm de “Retrosexual” clament la perplexité face à ce que le goût commun considère comme acquis : Nasser est un groupuscule d’insoumis, sur scène comme à la ville. Le côté “incontrôlable” : c’est l’arme la plus dangereuse du trio.

Un esprit acide et frondeur présent dans le premier projet de Nico & Romain : sous le nom de Double Zéro, le duo de réalisateurs se distinguait déjà avec une série de clips et de pubs à l’humour corrosif qui le mena rapidement à intégrer l’écurie Partizan (boîte de production de Michel Gondry, Quentin Dupieux ou Kim Shapiron). À l’image, Nico & Romain affichaient déjà sans complexe leur nature de sales gosses aptes à mettre des gros coups de lattes dans nos lubies préférées. Nasser s’affirme comme le prolongement live et sonore de cette posture de trouble maker.
D’autant que conforté par le bon accueil de son premier maxi “EP1”, les remixes de Munk ou Think Twice, des scènes un peu partout en France et le début d’une collaboration avec le phénoménal Jessie Chaton (fondateur de Fancy, bassiste de General Elektriks, co-compositeur du “D.A.N.C.E.” de Justice), Nasser affûte ses armes pour ouvrir de nouveaux fronts.
La fête ne fait que commencer.

La vidéo de “We don’t understand” en live à Marseille

Festival d’Automne :
NASSER
+ DOCTOR FLAKE
LA DYNAMO (rue Amélie – Toulouse)
11.11.2010 – 20H
TARIF : 14, 70 euros

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