Tortures : un expert de l’ONU demande une enquête sur l’armée américaine

Une enquête indépendante sur les pratiques de l’armée américaine depuis 2001 est nécessaire, a estimé mardi Manfred Nowak, le Rapporteur spécial de l’onu sur la torture, lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU.

Samedi dernier, le site internet WikiLeaks a publié près de 400.000 documents confidentiels sur la guerre en Irak, selon lesquels les autorités américaines étaient au courant de tortures des prisonniers par l’armée et la police irakiennes, mais ont laissé faire.

« A ma connaissance, les pratiques de torture en vigueur sous l’administration Bush ne le sont plus », a estimé Manfred Nowak, avant d’appeler le Président américain Barack Obama « à lancer une enquête sur les accusations de torture et de connivence avec des Etats faisant usage de la torture ».

Il y a « une obligation, conformément à la Convention contre la torture, de mener une enquête indépendante sur toutes les accusations de torture ou de torture présumée. Peu de choses ont été faites », a-t-il encore déploré, regrettant « que l’administration Obama, comme celle de Bush, invoque le secret-défense pour empêcher toute constitution de partie civile des victimes de torture présumée ».

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’une enquête complète sur les cas de torture commis par des responsables américains, qu’il s’agisse de responsables militaires, de la CIA ou de membres d’entreprises privées de sécurité », a poursuivi le Rapporteur spécial. « Dans l’idéal, cette enquête serait menée par un procureur spécial ou un panel d’experts internationaux », a-t-il conclu.

Plus tôt dans la journée, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, s’était également dite « inquiète » des informations révélées par Wikileaks concernant les violations des droits de l’homme en Irak.

« Les autorités américaines et irakiennes doivent prendre les mesures nécessaires pour enquêter sur toutes les allégations formulées dans ces rapports et traduire en justice les responsables de ces homicides illégaux, exécutions sommaires, torture et autres graves atteintes aux droits humains, conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international », avait dit le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

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