L’Erytrée reste un facteur de destabilisation en Afrique de l’Est

L’Erythrée a fait des progrès depuis l’établissement d’un régime de sanctions en 2009, mais ce pays doit faire plus pour prouver qu’il se conforme aux résolutions de l’ONU, estime le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié lundi.

embargo sur les ventes d’armes

« Malgré les positions qu’il a adoptées de longue date sur la Somalie et Djibouti, le gouvernement érythréen a récemment pris un certain nombre d’initiatives pour engager un dialogue constructif avec ses voisins et la communauté internationale », relève ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Parmi ces initiatives, Ban Ki-moon cite la participation du gouvernement érythréen à la Conférence d’Istanbul sur la Somalie en mai dernier et son implication dans les pourparlers engagés par le Qatar pour résoudre le différend frontalier avec Djibouti.

« Je me félicite de l’approbation par l’Erythrée de la Déclaration d’Istanbul sur la Somalie, cela marque une rupture notable avec sa politique antérieure », salue le rapport. Le Secrétaire général rappelle en effet que « jusqu’à peu », le gouvernement érythréen contestait « la légalité et la légitimité du Gouvernement fédéral de transition somalien et exigeait l’expulsion des troupes de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) ».

Le Secrétaire général se dit aussi « encouragé » de voir l’Erythrée engagée sur la voie d’un règlement pacifique de son conflit frontalier et d’une normalisation de ses relations avec Djibouti. Ban Ki-moon se réfère à l’accord signé entre les deux pays en juin, grâce à la médiation du Qatar, et qui a débouché sur le retrait de troupes érythréennes du territoire djiboutien et le déploiement d’une force d’observation qatarienne à la frontière entre les deux pays.

Evoquant ensuite les sanctions imposées à l’Erythrée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1907 en 2009, le Secrétaire général regrette que les capacités de vérification de l’ONU soient toujours « restreintes ». Dans cette résolution, le Conseil impose en effet un embargo sur les ventes d’armes au pays, interdit aussi à plusieurs hauts responsables érythréens de voyager et prévoit le gel de leurs avoirs, en raison de leur rôle dans la déstabilisation de la région de la Corne de l’Afrique. Ban Ki-moon dit toutefois espérer que le nouveau Groupe de contrôle sur la Somalie et l’Erythrée puisse contrôler l’application de la résolution 1907.

Le rapport du Secrétaire général salue ensuite les initiatives de l’Erythrée pour rétablir sa représentation au siège de l’Union africaine, à Addis Abeba, en Ethiopie. Il appelle le pays à en faire autant avec l’;utorité intergouvernementale de développement. Ban Ki-moon souligne en effet qu’en « renforçant sa participation aux activités des organisations régionales et ses liens avec la communauté internationale, l’Erythrée contribue au renforcement de la paix et de la stabilité de la Corne de l’Afrique ».

Pour conclure, le Secrétaire général estime que l’évolution récente de la situation est « un pas dans la bonne direction », mais exhorte le gouvernement érythréen à intensifier ses efforts « afin d’apporter la preuve qu’il se conforme à la résolution 1907 ». Il ajoute aussi que des progrès dans la mise en oeuvre des décisions de la Commission du tracé de la frontière entre l’Erythrée et l’Ethiopie et dans la normalisation des relations entre ces deux Etats contribueraient à la stabilisation de la toute la région de la Corne de l’Afrique.

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