Enfants soldats, nouvelles mesures internationales

A l’issue de débats consacrés aux enfants dans les conflits armés, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est s’engagé en faveur de sanctions fermes à l’encontre, non seulement des organisations étatiques ou non-étatiques qui enrôlent des enfants, mais aussi des individus qui ont tué, mutilé, violé ou abusé sexuellement des enfants.

traduire en justice les recruteurs d’enfants

Le Conseil engage « les Etats membres concernés à prendre des mesures décisives et immédiates contre les auteurs persistants de violations et de sévices commis sur la personne d’enfants en situation de conflit armé, et les engage en outre à traduire en justice les responsables de telles violations », énonce la déclaration du président du Conseil de sécurité, l’ambassadeur du Mexique auprès de l’ONU, Claude Heller.

Cette déclaration s’inscrit dans la droite ligne des recommandations élaborées par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans son Rapport annuel sur les enfants dans les conflits armés publié le 21 mai dernier. Sur la base de la résolution 1882 votée par le Conseil de sécurité en décembre 2009, le rapport établit la liste des organisations étatiques ou non-étatiques ayant tué, mutilé, violé ou abusé sexuellement des enfants.

Outre l’utilisation de cette liste pour traduire en justice les recruteurs d’enfants, la Représentante spéciale de l’ONU sur les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, a plaidé mercredi devant le Conseil en faveur de l’;établissement d’;une liste nominative des personnes responsables de tels crimes. Elle avait notamment évoqué la nécessité de geler les avoirs financiers, de mettre en place des embargos sur les armes et de restreindre les mouvements des individus soupçonnés de recruter des enfants dans des groupes armés.

A ce sujet, les membres du Conseil exhorte les Etats à traduire en justice ces criminels « par le bais de leur système judiciaire national et, le cas échéant, des mécanismes judiciaires internationaux et des cours et tribunaux pénaux mixtes, en vue de mettre fin à l’impunité de ceux qui commettent des crimes à l’encontre des enfants ».

nombre croissant d’attaques contre les écoles et établissements d’enseignement

Le Conseil demande aussi à tous les organismes listés dans le rapport du Secrétaire général de « lutter contre toutes les violations et sévices commis sur la personne d’enfants et de prendre des engagements et des mesures spécifiques à cet égard ».

Les Opérations de maintien de la paix de l’ONU doivent renforcer leurs dispositifs de protection des enfants et davantage former son personnel sur ces problèmes, estime le Conseil qui a par ailleurs déclaré sa profonde inquiétude sur « le nombre croissant d’attaques contre les écoles et établissements d’enseignement, les enseignants et les élèves, en particulier celles qui visent délibérément les filles ».

Cette déclaration du président du Conseil de sécurité survient alors qu’au début du mois de juin, six pays d’Afrique centrale se sont engagés à mettre fin au recrutement d’enfants soldats dans la région, lors d’une conférence organisée par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), à N’Djamena, la capitale du Tchad.

Le Cameroun, le Niger, le Nigeria, la République centrafricaine, le Soudan et le Tchad ont signé la Déclaration de N’Djamena qui renforce les normes internationales sur le sujet, notamment le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) sur l’implication des enfants dans les conflits armés (OPAC), celui sur la vente d’enfants, la prostitution d’enfants et la pornographie (OPSC) et les Engagements de Paris (et Principes et Directives de Paris) sur le recrutement et l’utilisation des enfants par des forces et groupes armés.

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