Cambodge : Pauvres et marginaux victimes du système judiciaire

Le Rapporteur spécial sur la situation des Droits de l’homme au Cambodge, Surya Prasad Subedi, a appelé jeudi les autorités cambodgiennes à renforcer le système judiciaire trop faible à l’heure actuelle et à mieux protéger les Droits de l’homme.

des chances limitées d’obtenir justice

« Il y a un nombre alarmant de personne en détention en raison des faiblesses du système judiciaire et les erreurs judiciaires sont trop nombreuses », a indiqué Prasad Subedi dans un communiqué.

« J’appelle le gouvernement royal du Cambodge à prendre les mesures appropriées pour renforcer l’indépendance et les capacités de la justice, afin d’en faire une institution capable de rendre la justice pour tous les Cambodgiens », a-t-il ajouté.

Au terme d’une visite de 10 jours au Cambodge, il a estimé que le système judiciaire cambodgien faisait face à des défis énormes, en particulier quand il s’agit de rendre la justice aux pauvres et aux marginalisés.

Le Rapporteur spécial a par ailleurs soulevé un certains nombre de problèmes liés à la défense de la liberté d’expression ou à l’absence de véritable espace de débat politique à cause « de l’usage disproportionné de la notion de diffamation, de la désinformation et des incitations à poursuivre les journalistes, les défenseurs des Droits de l’homme et les opposants politiques ».

Autre problème majeur sur lequel l’expert indépendant a voulu attirer l’attention, celui des litiges sur les propriétés foncières. « Si vous êtes pauvre, faible et dépossédé de vos terres, il semble que vous ayez des chances limitées d’obtenir justice, qu’il s’agisse de recours devant l’administration chargée de ces questions ou de recours devant la justice », a expliqué Prasad Subedi.

S’il a salué l’adoption de plusieurs lois destinées justement à renforcer le système judiciaire, le Rapporteur spécial a néanmoins estimé que « le résultat du manque de ressources et d’organisation, du manque de sensibilisation aux Droits de l’homme et des interférence extérieures, notamment financières, dans le système judiciaire, est un manque de confiance à l’égard de l’institution de la justice ».

Prasad Subedi, qui s’est entretenu au cours de sa visite avec le roi Norodom Sihamoni, des membres du gouvernement et du système judiciaire, a encouragé les autorités cambodgiennes à faire le nécessaire pour remédier à cette situation.

En septembre, il soumettra un rapport rendant compte de sa visite au Cambodge au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU, basé à Genève, en Suisse.

Les rapporteurs spéciaux sont des experts et analystes indépendants qui reçoivent un mandat des Nations Unies pour de questions précises. Leurs recommandations ne reflètent cependant pas les positions officielles des Nations Unies.

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