Fin de l’impunité pour les militaires colombiens ?

La Haute commissaire aux Droits de l’homme, Navi Pillay, a salué vendredi « la décision historique » de condamner un officier de l’armée colombienne pour violations des Droits humains dans un cas de disparition forcée à la suite d’une prise d’otage en 1985 au palais de justice de Bogota, la capitale colombienne.

« Je salue la justice colombienne pour cette décision, qui est une étape importante dans le combat pour l’impunité et j’exhorte le gouvernement colombien à respecter cette décision », a fait savoir vendredi Navi Pillay par communiqué de presse.
« J’appelle aussi le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour continuer à garantir la sécurité du Juge Maria Stella Jara, qui est confrontée à de nombreuses menaces », a-t-elle ajouté.

Mercredi, la juge Jara a condamné le Colonel Luis Alfonso Plazas Vega à 30 ans de prison pour la disparition de 11 personnes en novembre 1985. Les disparitions ont eu lieu après qu’une unité des forces armées colombiennes a pris d’assaut le bâtiment de la Cour suprême colombienne où des miliciens du groupe armé M-19 tenaient en otage des centaines de personnes. Plus de 60 civils sont morts pendant l’opération.

« J’espère que le processus judiciaire actuellement en oeuvre va permettre d’établir la vérité sur ce tragique événement », a indiqué Navi Pillay en précisant que toutes les mesures de protection pour les juges, les avocats, les familles des victimes, les témoins, les accusés et les membres de l’administration judiciaire doivent être renforcées.

Elle a souligné « qu’aucune circonstances, que se soit l’état de guerre, l’instabilité politique interne ou toutes autres situations, ne peut justifier les disparitions forcées ».

« L’utilisation légitime de la force par l’Etat est un droit et un devoir envers les citoyens pour garantir la sécurité et le maintien de l’ordre public », a estimé la Haute commissaire. « Cependant, l’Etat doit respecter les Droits fondamentaux y compris dans des cas de réponse à des attaques injustifiées et illégales de groupes armés », a-t-elle conclu.

Cette condamnation survient alors que le 27 mai dernier, le Rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston avait tiré la sonnette d’alarme dans un rapport d’enquête sur les meurtres et l’impunité des forces de police colombiennes.

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