L’Irak n’a toujours pas de gouvernement

« Les mois à venir vont être décisifs pour l’Irak » a indiqué le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki moon, dans un rapport sur la situation du pays publié vendredi. Après les récentes élections législatives, un nouveau gouvernement doit être formé. « Si la formation de ce gouvernement traîne en longueur, cela sera contraire aux intérêts du peuple irakien », a t il mis en garde.

Les élections générales du 7 mars 2010

« J’exhorte les dirigeants politiques à agir rapidement et à collaborer dans un esprit d’unité nationale pour former un gouvernement cohérent et non exclusif, qui dirigera le pays, tout en veillant à ce que la transition se fasse de manière pacifique », a t il insisté. Le Secrétaire général a appelé toutes les parties « à ne pas perdre de temps » et a encouragé « tous les blocs politiques à mener des négociations sur la formation du gouvernement, parallèlement à la conclusion des activités électorales officielles ».

Les élections générales au Conseil des représentants se sont déroulées le 7 mars 2010. La Mission d’assistance des Nations Unies en Irak (MANUI) a assisté la Haute Commission électorale indépendante et le Gouvernement irakien tout au long du processus, en déployant notamment 13 équipes d’observateurs qui se sont rendues dans 38 centres de vote, dans 11 gouvernorats. Trente cinq organisations ou organismes internationaux et 492 organismes nationaux ont également été habilités à observer le bon déroulement du scrutin, « renforçant ainsi la confiance dans les élections », a écrit Ban Ki moon.

Iyad Allaoui, Nouri al Maliki

La Haute Commission a certifié 86 mouvements et coalitions politiques, qui ont nommé plus de 6.000 candidats briguant l’un des 325 sièges du Parlement irakien. Le taux de participation a atteint 62,4 % des votants, soit environ 12 millions d’électeurs sur les 18,9 millions de personnes inscrites sur les listes électorales.

Le 26 mars, la Haute Commission a annoncé les résultats préliminaires des élections : le Bloc irakien, dirigé par l’ancien Premier Ministre Iyad Allaoui, arrivait en tête avec 91 sièges, suivi de la Coalition pour l’Etat de droit, du Premier Ministre sortant, Nouri al Maliki, avec 89 sièges et enfin de l’Alliance nationale irakienne, qui a remporté 71 sièges. Les partis kurdes ont remporté 57 sièges, dont 40 pour l’Alliance kurde, qui forme ainsi le quatrième bloc sur la scène politique irakienne.

Après les élections, plusieurs attentats ont visé des ambassades et certains quartiers de Bagdad, suivis un peu plus tard d’une autre vague d’attaques contre des résidents de la ville de Sadr, à l’est du pays. « Depuis les élections, les conditions de sécurité se sont dégradées et plusieurs attentats ont ensanglanté le pays, notamment pendant la journée du 10 mai, visant aussi des zones relativement calmes du sud du pays. Ces violences ont fait plus d’;une centaine de morts et de très nombreux blessés », a déploré le Secrétaire général.

Malgré cela, Ban Ki moon tire un bilan positif du scrutin législatif. « Lors des élections nationales visant à élire les membres du Conseil des représentants, le peuple irakien a prouvé sa détermination à exercer son droit démocratique de voter et d’élire un gouvernement qui façonnera l’avenir du pays pendant les quatre prochaines années », écrit il dans son rapport, soulignant que « des millions d’irakiens ont participé à ces élections ouvertes et non exclusives ».

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