la discrimination des homosexuels facteur de propagation du Sida

Plus de 90% des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes n’ont pas accès à des programmes de prévention ou des traitements du VIH/Sida dans les pays d’Asie et du Pacifique. En raison des législations qui criminalisent ou stigmatisent ces pratiques, la prévalence du virus a atteint un niveau alarmant. Si les Etats ne changent pas leur législation, la situation déjà critique va encore s’aggraver, prévient le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

des violations des droits de l’homme

Dans 19 des 48 pays de la région Asie-pacifique, les pratiques sexuelles entre hommes sont considérées comme criminelles. Dans les autres pays, d’autres dispositions législatives, appliquées de manières arbitraires ou inappropriées, débouchent sur des abus et des violations des droits de l’homme à l’encontre de ces individus. C’est la principale conclusion d’un rapport intitulé « Législation affectant la prévention du VIH/Sida chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les transsexuels en Asie et dans le Pacifique : un calendrier d’action ».

Présenté lundi 17 mai, à l’Université de Hong Kong, dans le cadre d’un « Dialogue sur les législations punitives, les droits de l’homme et la prévention du VIH/Sida en Asie et dans le Pacifique », organisé par PNUD, le Centre de droit comparé de l’Université de Hong Kong (CCPL) et la Coalition Asie-pacifique sur la santé masculine (APCOM), ce rapport conclu que cet état de fait empêche les interventions, la prévention, le soutien et l’assistance à ces populations, dont le taux de contamination atteint des niveaux alarmants.

à Bangkok, 29,3% des homosexuels, bisexuels et transsexuels seraient contaminés

Par exemple, à Bangkok, 29,3% des homosexuels, bisexuels et transsexuels sont contaminés, contre 1,4% de la population moyenne thaïlandaise. A Bombay, le chiffre avoisine 17%, contre 0,36% pour le reste de l’Inde. Le rapport montre également que les législations en vigueur, même quand elles ne criminalisent pas ces pratiques, sont souvent à la traîne par rapport aux politiques de prévention et de lutte contre le VIH/Sida qui peuvent être mises en place. Conséquence, l’efficacité des programmes destinés aux homosexuels, bisexuels ou transsexuels est extrêmement limitée.

« L’efficacité des réponses au VIH/Sida ne dépend pas seulement d’une augmentation sensible des campagnes de prévention et d’un meilleur accès aux traitements mais aussi de l’environnement social et légal qui soutient ou entrave ces programmes », a expliqué le Chef du groupe sur les Droits de l’homme et de la diversité sexuelle au PNUD, Mandeep Dhaliwal. Il a donc appelé les Etats à adapter l’environnement légal et social à la réalité, pour assurer aux programmes de prévention et de lutte contre le VIH/Sida un plus grand impact.

Pour appuyer cet appel aux Etats d’Asie-pacifique, le rapport du PNUD met en avant des exemples récents d’amélioration de l’environnement légal. Il cite notamment plusieurs décisions de justice rendues au Fidji, en Inde, au Népal, à Hong Kong, au Pakistan, aux Philippines et en Corée du sud, mais regrette que celles-ci restent encore des exceptions. Considérant que c’est désormais une nécessité critique, le PNUD demande des actions plus fortes de tous les Etats, en particulier le développement de partenariats et d’alliances entre communautés affectées, professionnels de la justice, institutions de défense des droits de l’homme, parlementaires et hommes politiques.

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