Famine au Niger, état des lieux

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, John Holmes, s’est rendu mardi dans le département de Tanout, dans la région de Zinder au Niger, pour constater de visu les conséquences de la crise alimentaire qui touche 58% de la population du pays.

un centre de réhabilitation nutritionnelle

« Nous avons besoin de financement maintenant pour fournir des aliments thérapeutiques aux enfants, couvrir les coûts de leur traitement et soutenir le système de santé national. Si nous agissons maintenant, nous atténuerons et gérerons mieux l’augmentation attendue, dans les prochains mois, des cas de malnutrition chez les enfants», a déclaré M. Holmes à l’issue d’une visite dans un centre de réhabilitation nutritionnelle de l’hôpital de Tanout qui fournit des soins intensifs aux enfants âgés de moins de cinq souffrant de malnutrition aiguë sévère.

M. Holmes s’est entretenu avec des mères et le personnel médical. Le taux de malnutrition aiguë, qui est toujours relativement élevé, augmente à nouveau au Niger. Les agents de santé s’attendent à ce que le nombre d’admissions au centre atteigne un niveau maximum aux mois de mai et juin.

La situation à Tanout est caractérisée par une pauvreté extrême, des problèmes d’accès à la nourriture, à l’eau, aux services de santé et à l’éducation tandis que l’économie dépend principalement de l’agriculture et des activités pastorales. Cette situation, conjuguée à une croissance démographique de 3,4% et à l’impact des changements climatiques, a contribué à mettre la population dans une situation de vulnérabilité chronique.

la réduction de la fréquence et de la qualité des repas

Dans un premier temps, M. Holmes s’est rendu dans le village de Dalli, où le déficit céréalier atteint 100%. Le village fait partie des plus vulnérables de la région. Les habitants ont expliqué en quoi consistaient leurs stratégies de survie, à savoir la réduction de la fréquence et de la qualité de leur repas, la consommation de nourriture de substitution, le ramassage de paille et de bois pour la vente sur les marchés locaux. L’insécurité alimentaire a également provoqué des déplacements importants de population des zones rurales vers les zones urbaines et les pays voisins, dont le Nigéria et la Libye.

Le chef de village a expliqué à M. Holmes que les villageois n’avaient semé que quatre fois l’année dernière mais sans résultat. « La sécheresse a tout détruit. Nos réserves de nourriture sont vides et nous pouvons à peine nourrir nos animaux. Nous avons dû vendre presque tout notre bétail », a-t-il dit. Le village a bénéficié d’une assistance à court terme du gouvernement, sous la forme d’un programme de distributions de céréales à bas prix, et des organisations humanitaires internationales qui ont lancé des activités « argent contre travail ». Mais beaucoup reste à faire pour permettre aux communautés de survivre jusqu’aux prochaines récoltes.

Une somme totale de 133 millions de dollars, sur les 190 millions demandés dans le cadre du Plan d’action humanitaire d’urgence, doit encore être trouvée pour pouvoir intensifier les activités nutritionnelles et de sécurité alimentaire ainsi que d’autres activités vitales.

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