Haïti : des femmes enceintes accouchent dans la rue

Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) distribue des kits médicaux aux milliers de femmes enceintes en Haïti qui sont parfois réduites à accoucher en pleine rue après le tremblement de terre qui a ravagé la capitale Port-au-Prince.

63.000 femmes enceintes dans les zones touchées

« La plupart des établissement médicaux se concentrent sur les blessés graves. Les informations que nous avons font état de plus en plus de femmes accouchant chez elles et nous voulons être sûrs qu’elles disposent des équipements nécessaires », a expliqué Wilma Doedens, conseillère technique sur la santé reproductive au FNUAP.

Le Fonds estime que 15% des 63.000 femmes enceintes dans les zones touchées par le tremblement de terre sont susceptibles de connaître des complications potentiellement mortelles, notamment les 7.000 femmes qui accoucheront ce mois-ci. Pour ces dernières, il avance le chiffre de 1.000 fausses couches prévues.

une lame de rasoir

Les kits sont constitués d’un tissu plastique propre, d’une lame de rasoir afin de pouvoir couper le cordon ombilical, de savon, d’une couche pour les enfants et de gants.
Les hôpitaux mobiles ont pour leur part reçu des kits de césarienne avec notamment des médicaments antihémorragiques.
« Nous avons 173 kits dans plus de 80 centres de Port-au-Prince qui couvrent les besoins d’1,5 million de personnes », a indiqué le Représentant du FNUAP dans le pays, Ramiz Alakbarov.

20.000 kits « de dignité »

Avant même le tremblement de terre, Haïti avait le plus fort taux de mortalité maternelle et infantile (enfants de moins de cinq ans) de tout l’hémisphère nord, avec 670 morts pour 100.000 grossesses.
En plus de l’aide d’;urgence, le FNUAP a distribué 20.000 kits « de dignité », comprenant des serviettes, des sous-vêtements et un savon antibactérien. Des préservatifs, des médicaments contre la pression artérielle et des traitements post-viol sont également distribués, ainsi que des soins pour traiter les complications liées à un avortement sauvage.

« Les soins après un viol sont problématiques », a souligné Wilma Doedens. En effet, « peu de cliniques peuvent les fournir. Avant le tremblement de terre, nous avions cinq cas par semaine environ. Je n’ai pas d’information sur une augmentation ou une baisse de ce nombre mais il est plus difficile pour les gens d’avoir accès à une clinique », a-t-elle ajouté.

« La situation n’était déjà pas bonne avant », a enchéri Razim Alakbarov, et « elle s’améliore très lentement. Partout où vous allez, les gens tentent de nettoyer ».

« Je pense que le principal défi pour les Nations Unies et pour la communauté internationale est de soutenir les infrastructures locales », a-t-il déclaré. « La réponse est de plus en plus, avec notre assistance, entre les mains des Haïtiens ».

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