Haïti : l’ONU pointe les risques d’enlèvements d’enfant et d’esclavage

Le risque de voir des enfants haïtiens enlevés, vendus ou réduits en esclavage, en raison de l’insécurité en Haïti, est en augmentation, ont estimé mardi des expertes des droits de l’homme des Nations Unies.

un système d’enregistrement rapide des enfants non accompagnés

« La protection des enfants doit être au coeur de l’opération de secours en Haïti », ont dit ces expertes indépendantes, qui font rapport au Conseil des droits de l’homme sur les questions de l’esclavage, de la vente, du trafic et de la violence contre les enfants.

« Les enfants non accompagnés sont particulièrement vulnérables et il est essentiel, autant que possible, d’enregistrer, de suivre à la trace et de réunir ces enfants avec leurs familles », ont-elles insisté. « Durant les efforts d’évacuation, il est impératif d’éviter toute séparation non nécessaire qui placerait les enfants dans un risque plus grand, aggraverait leur traumatisme et entraverait leur rétablissement et leur réintégration ».

les ‘restaveks’

Les expertes indépendantes ont salué la mise en place par l’ONU d’un sous-groupe sur la protection de l’enfant qui vise à mettre en place un système d’enregistrement rapide des enfants non accompagnés, notamment de ceux qu’on appelle les ‘restaveks’.
Le terme désigne un système haïtien dans lequel les parents qui ne sont pas en mesure de subvenir aux besoins de leurs enfants les envoient vivre avec des membres de leur famille ou même des étrangers qui en prennent soin en échange d’un travail. Ce système est susceptible de favoriser l’exploitation et parfois l’esclavage de certains enfants.

Les expertes qui ont lancé ce cri d’alarme depuis Genève sont Gulnara Shahinian, Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d’esclavage, Najat M’jid Maalla, Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants, Joy Ngozi Ezeilo, Rapporteuse spéciale sur les droits fondamentaux des victimes de la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, et Marta Santos Pais, Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants.

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et le Comité d’experts sur les droits de l’enfant en Haïti ont tous deux également souligné la nécessité essentielle de protéger les enfants dans le chaos qui a suivi le tremblement de terre du 12 janvier, en particulier dans un contexte ou des membres de gangs et d’autres criminels ont pu s’échapper de leurs prisons détruites par le séisme.

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