Somalie : appel à la communauté internationale

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, a appelé une nouvelle fois jeudi la communauté internationale à s’impliquer réellement aux côtés du gouvernement légitime au pouvoir à Mogadiscio sans attendre indéfiniment d’improbables conditions idéales pour le faire.

des extrémistes financés de l’extérieur

Dans un exposé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, M. Ould-Abdallah a également souligné les progrès accomplis par le gouvernement somalien malgré des tentatives répétées par des « extrémistes financés de l’extérieur » de le renverser. Il a rappelé que le gouvernement siégeait désormais dans la capitale, que l’Etat disposait d’un budget pour la première fois depuis des années et qu’une armée régulière avait été mise sur pied.

L’Etat somalien a ainsi assis sa « légitimité politique » et il est passé de la situation « d’Etat failli à celui d’Etat fragile », a-t-il observé. Dans le même temps, les atermoiements de la communauté internationale à son égard « encouragent les extrémistes tout en affaiblissant ce même gouvernement ».

Le second défi, selon le Représentant spécial, tient au fait que le soutien de la communauté internationale s’exprime dans les paroles plus que dans les actes. Ainsi, si plus de 200 millions de dollars ont été promis lors de la conférence des donateurs pour la Somalie en avril dernier, une infime partie de cette somme a effectivement été déboursée. Conséquence : l’Etat somalien n’a pas les moyens de payer ses fonctionnaires, ni même les salaires des forces de sécurité, voire même les indemnités des députés.

M. Ould-Abdallah a appelé le Conseil de sécurité à « envoyer un signal fort et clair aux extrémistes en renforçant l’Etat de manière concrète ». Il a aussi estimé souhaitable d’établir une meilleure concertation avec les organisations sous-régionales et nécessaire d’assurer le fonctionnement décent de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), ce qui permettrait notamment de remonter le moral des troupes. Les commanditaires, tout comme les exécutants au sein de la rébellion doivent aussi être avertis que l’impunité ne sera plus la règle et que tôt ou tard ils devront rendre des comptes.

Enfin, le Représentant spécial estime nécessaire que l’ONU et la communauté internationale démontrent véritablement leur implication en revenant à Mogadiscio, au lieu de tenter d’agir à distance. « Pour aider les Somaliens, particulièrement les victimes, nous devons être avec eux », a-t-il conclu.

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