Séisme à Haïti : Port au Prince ville fantôme

Deux représentants de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) ont décrit jeudi une situation chaotique à Port-au-Prince, où une grande partie de la population dort dans la rue et où aucun service public ne fonctionne plus.

une ville fantôme

Les habitants de la capitale dorment dehors en raison de la poursuite des secousses sismiques mais aussi, pour un grand nombre d’entre eux, parce qu’ils n’ont tout simplement plus de toit. Les nuits sont relativement douces -25 degrés – en cette saison mais il s’agit toutefois d’une température ressentie comme fraîche par les Haïtiens et tous ne disposent pas de couvertures.

Ce constat a été effectué par la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général en Haïti, Kim Bolduc, et par le responsable de la communication de la MINUSTAH, David Wimhurst. Il s’agissait du premier point de presse en direct depuis la capitale haïtienne depuis le séisme. Il a été effectué en duplex avec le siège de l’ONU. Mme Bolduc a expliqué qu’elle avait eu le sentiment de se trouver « dans une ville fantôme » lorsqu’elle avait effectué une première reconnaissance dans la ville au soir du tremblement de terre.

La police haïtienne est complètement absente des rues, a relevé M. Wimhurst. Cette absence pourrait s’expliquer selon lui par le fait que les policiers demeurés indemnes s’occupent de porter assistance à leurs proches.

Mme Bolduc a indiqué que l’ordre et la sécurité étaient assurés par des patrouilles de la MINUSTAH qui compte 3.000 casques bleus dans la capitale. En dehors du maintien de l’ordre, elles sont chargées de ramasser les cadavres sortis des décombres. « Leur identification s’avère parfois problématique en raison de leur état », a indiqué David Wimhurst.

Si la population reste calme, Mme Bolduc a mis en garde contre le risque de « troubles » si la situation ne devait pas s’améliorer dans les prochains jours. Un redéploiement de casques bleus présents ailleurs dans l’île est envisagé avec l’acheminement de renforts depuis la ville de Gonaïves dans le Nord qui n’a subi aucun dégât. Outre Port-au-Prince, la ville de Jacmel, dans le sud-ouest de l’île a aussi subi d’importantes destructions.

nourrir un million de personnes

Aucun pillage de grande ampleur ne semble s’être produit, même si des habitants ont pris de la nourriture dans le plus grand supermarché de la ville qui est en partie détruit et dont au moins un des murs a été éventré par le séisme, a précisé Kim Bolduc.

La distribution d’eau et de nourriture à la population a commencé, sous escorte de la MINUSTAH, celle-ci envisageant de devoir nourrir un million de personnes. Un pont aérien se met en place pour apporter des produits de première nécessité. Des équipes de secours américaine, chinoise, dominicaine, française sont arrivées ces dernières heures. Du matériel lourd est attendu pour pouvoir soulever les gravats et, ultérieurement, dégager les décombres, lorsqu’il n’y aura plus d’espoir de retrouver des rescapés.

On estime prématuré à la Mission d’évaluer le nombre de victimes à ce stade. Interrogée sur les bilans avancés par certains médias et par certains responsables, Mme Bolduc a répondu que « les dégâts étaient si importants que ces chiffres ne la surprenaient pas. Il est certain que le bilan sera extrêmement lourd ».

S’agissant du personnel de l’ONU, les deux responsables ont souligné « les efforts et le courage » des employés qui ont parfois perdu des collègues ou des amis mais qui népargnent pas leur énergie face à l’énormité de la tâche qu’ils doivent accomplir. Le nombre de victimes au sein du personnel onusien s’établissait à 22 morts et 9 blessés jeudi ; la MINUSTAH était sans nouvelles de 150 personnes environ.

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