Décembre noir pour la liberté de la presse

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a condamné mercredi les récents assassinats de trois journalistes, au Brésil, en Colombie et en Turquie, soulignant que « démocratie et violence contre la presse étaient incompatibles ».

José Givonaldo Vieira a été assassiné dans sa voiture le 14 décembre à Bezerros, dans l’Etat du Pernambouc (Nordeste). Il animait une émission traitant de sujets de société sur une station de radio qui lui appartenait. José Givonaldo Vieira possédait également un journal local et une entreprise de production musicale.

« Les choix démocratiques supposent un débat ouvert et la bonne gouvernance a tout à gagner des enquêtes et des bilans dressés par une presse libre. Il est donc essentiel que les responsables de ce crime soient traduits en justice », a souligné Mme Bokova.

Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ), les journalistes de radio, les directeurs de programmes radiophoniques et les journalistes indépendants sont les principales victimes de meurtre dans les parties les plus reculées du Nordeste brésilien. En 2009, le pays a pour la première fois été inclus sur la liste du CPJ des pays où des journalistes sont régulièrement assassinés et où ces crimes restent impunis.

Par ailleurs, Cihan Hayirsevener a été abattu le 18 décembre à Bandirma, dans la province de Balikesir, dans l’ouest de la Turquie, à la suite de la publication dans le journal local qu’il dirigeait d’informations sur une affaire de corruption. « Il est essentiel pour le bien de la société turque dans son ensemble et pour le droit de l’homme fondamental que constitue la liberté d’expression que les autorités traduisent en justice les auteurs de ce crime », a déclaré Mme Bokova.

M. Hayirsevener, qui était âgé de 53 ans, avait reçu des menaces de mort, selon la presse turque.

Enfin, Mme Bokova a jugé essentiel qu’une enquête véritable soit menée au sujet de l’assassinat d’Harold Humberto Rivas Quevedo, abattu le 15 décembre. Elle a estimé que ce crime « portait atteinte à la démocratie et à l’Etat de droit en Colombie. Si les autorités ne punissent pas ceux qui ont recours à la violence pour faire taire les médias, la peur et l’autocensure risquent d’empêcher les journalistes de dire la vérité sur ce qu’ils découvrent dans leurs reportages ».

Harold Humberto Rivas Quevedo, âgé de 49 ans, animait une émission politique sur une chaîne de télévision locale à Buga dans l’ouest du pays. Il commentait aussi le sport sur une radio locale. Le CPJ précise qu’il a été abattu dans l’entreprise funéraire qu’il dirigeait, n’excluant pas à ce stade que ce meurtre puisse être éventuellement lié à son autre activité professionnelle.

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