La guerre au Darfour, guerre postcoloniale et économique ?

Il existe un consensus au Soudan quant aux divers éléments susceptibles de permettre un accord politique global sur le Darfour, a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité le Président du Groupe de haut niveau de l’Union africaine sur le Darfour et ancien Président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki.

la marginalisation et l’appauvrissement de la périphérie

M. Mbeki présentait aux côtés de Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, le rapport du Groupe de haut niveau sur la crise au Darfour. Il a affirmé que « les populations du Darfour insistaient dans ce cadre pour qu’une paix négociée soit conclue le plus tôt possible ».

M. Mbeki a mis l’accent sur le fait que la crise du Darfour était une manifestation de la crise postcoloniale plus profonde qui secouait le Soudan depuis des décennies. Selon lui, la crise du Darfour est née de la concentration du pouvoir et des richesses par une élite basée à Khartoum, qui a conduit à la marginalisation et l’appauvrissement de la périphérie. Par conséquent, le règlement de la crise au Darfour doit prendre en compte la situation historique de cette région dans l’évolution du Soudan.

référendum d’autodétermination de 2011

M. Mbeki a néanmoins insisté sur l’importance de promouvoir l’unité nationale, l’ONU ayant un rôle inestimable à jouer à cet égard, ainsi que pour accompagner la démocratisation du pays. Il a de nouveau appelé les parties à oeuvrer en faveur d’un climat propice à la tenue d’élections générales en 2010 et à respecter la volonté qu’exprimera le peuple du Sud-Soudan lors du référendum d’autodétermination de 2011.

M. Mbeki a souligné qu’il était nécessaire que les prochaines négociations sur le Darfour soient achevées avant la tenue des élections de 2010 et avant l’organisation « de tout dialogue national préparatoire au référendum sur le statut du Sud-Soudan prévu pour 2011 ». Les populations du Darfour ne doivent pas se sentir exclues de ces échéances cruciales, ce qui aurait pour conséquence d’accroître leur marginalisation, a-t-il estimé. Selon lui, « ce problème est à l’origine du conflit armé qui a débuté en 2003 ».

M. Ping a souligné de son côté que ce qui se jouait dans le plus grand pays d’Afrique était d’une importance existentielle pour ce continent. Il a assuré que l’Union africaine était convaincue que les Soudanais avaient la capacité de se hisser au niveau des responsabilités historiques qui sont les leurs et de transcender leurs divergences.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé pour sa part que le Groupe de haut niveau pouvait apporter une contribution inestimable à l’« atterrissage en douceur » auquel les Nations Unies et l’Union africaine travaillent. L’objectif est notamment d’aider les parties à surmonter leurs éventuelles divergences qui apparaîtraient au lendemain des élections et du référendum.

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