Sarkozy a reçu Ali Bongo Ondimba

Le tout nouveau président du Gabon, Ali Bongo Ondimba a été reçu vendredi 20 novembre 2009 à l’Elysée par son homologue français Nicolas Sarkozy. C’est la première visite officielle du président gabonais en France depuis son élection en septembre dernier.

Il était question pour cette première rencontre entre les deux chefs d’Etat, de renforcer les accords bilatéraux qui unissent les deux pays, de discuter du sommet de Copenhague, de la politique de « l’émergence » et de l’entrée du Gabon dans le Conseil de sécurité de l’ONU en 2010.

Il n’était pas question d’évoquer la situation critique que vivent les médias gabonais et notamment la presse écrite dont six journaux ont récemment été suspendus. Il vaut mieux éviter les sujets qui fâchent car depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 les relations entre les deux pays sont à deux vitesses. Rappelez vous le Secrétaire d’Etat français à la Coopération Jean-Marie Bockel qui voulait signer l’acte de décès de la Françafrique, une déclaration qui avait provoqué un tollé général au Palais du bord de mer à Libreville. . Plusieurs incidents avaient alors entaché des relations jadis intouchables, l’acharnement médiatique des biens du clan Bongo par la presse hexagonale, plaintes déposées par les ONG Sherpa et Transparence Internationale enfin un cocktail de tensions diplomatiques. D’ailleurs à cette époque, Bongo père avait demandé et obtenu la mutation de Bockel et l’ambassadeur de France au Gabon avait été convoqué au Palais de la présidence de Libreville.

La rupture selon Ali

Les deux présidents qui symbolisent une certaine rupture à leur manière, l’un pour redorer l’image de la France, apporter de la fraicheur, réconcilier les français avec la France, l’autre pour redorer l’image de la Famille qui a gérer le Gabon pendant 42 années sans grand succès, marquer la différence avec papa et assainir l’Etat. C’est dans cette perspective que Monsieur Bongo qui tente de se faire un prénom, a lancé les nouvelles mesures concernant l’exportation des grumes de bois interdite à partir de 2010. Une décision en rupture avec un système qui a trop défavorisé les gabonais voilà au moins un signe encourageant. Ces mesures touchent les investisseurs étrangers de la filière bois au Gabon dont de nombreux français. Les industriels français se sont donc naturellement tournés vers l’Élysée pour que Nicolas Sarkozy puisse trouver un compromis avec le chef de l’Etat gabonais. Mais qu’ils se rassurent le président Ali a prévu pour eux une indemnisation.

Mais cette rencontre rappelle aussi la question de la Françafrique. Rupture ou Continuité ? Il est vrai qu’aujourd’hui on s’imaginerait difficilement des pseudos rapports maffieux avec des pseudos mallettes d’argents on constat qui assainirait l’image de cette institution et marquerait en quelque sorte la rupture. Une chose est sûre, Ali Bongo souhaite rompre avec certaines pratiques paternelles et consentira les efforts qu’il faut pour obtenir le Gabon qu’il a promit lors de sa campagne électorale mais le côté obscur des accords entre les deux pays peut-il un réel détachement ?

Dony Young

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