En première instance, cet anglais de 57 ans avait été condamné à 12 ans de prison, c’était en octobre 2007. Lundi, son procès en appel s’est ouvert à Toulouse. L’homme est accusé du meurtre de sa femme, disparue en 1999 à Rayssac dans le Tarn.

Incarcéré depuis le 15 novembre 2004, l’accusé n’a cessé de clamer son innocence, et c’est dans cette optique qu’il a décidé de faire appelle de sa condamnation pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La victime, elle, avait disparue depuis le 29 décembre 1999 et n’a été retrouvée que deux ans plus tard, en octobre 2001, au fond d’un lac, dans son véhicule.

Une journée pour cerner la personnalité du couple

Robert Lund, défendu par les avocats toulousains Me Apolinaire Legros-Gimbert et Me Alexandre Parra-Bruguière, semble concentré sur son banc. Un enquêteur de personnalité parlera d’ailleurs « d’un homme terriblement calme ». Lund, lui, expliquera aux jurés qu’il « garde tout sentiment pour [lui], [qu’il] essaye de [se] contrôler. »

S’il est le principal suspect de l’enquête menée jusqu’ici, c’est parce que ce citoyen britannique, installé avec sa femme dans le Tarn depuis 1997, se disputait trop fréquemment avec sa compagne. Evelyn a le mal du pays, et elle se et à boire. Beaucoup. « Elle était gentille, généreuse, mais souvent agressive quand elle avait bu. » dira l’accusé à la barre. Mais il insiste sur sa patience vis-à-vis de l’addiction de sa femme.

Mais elle n’était pas la seule à montrer des signes d’hostilités. Son mari a déjà été dénoncé aux services de police peu de temps avant pour des menaces armé d’un fusil envers un voisin, et plusieurs lettres franchement injurieuses à l’encontre du magistrat chargé de l’enquête. Pour expliquer sa retenue soulignée par les enquêteurs lui annonçant la mort d’Evelyn, Robert Lund explique qu’il est « émotionnellement fermé » depuis la mort de son père, il y a 10 ans.

Au final, ce qui fera sans doute pencher la balance d’un coté ou de l’autre, ce seront les témoignages, mercredi. Dès le début du procès, les quatre enfants d’Evelyn sont présents, et surmontent l’épreuve avec des amis de la famille, ainsi que des voisins. Tous seront attentivement écoutés pour dénouer cette affaire avec bien peu d’indices. Si le jugement lui est défavorable, l’accusé risque jusqu’à 30 ans de réclusion.

Walid Hamadi

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