Reprise économique ? Vision plus pessimiste de Ban Ki Moon

Malgré les déclarations de certains sur une sortie de la crise économique et financière mondiale, près de 100 millions de personnes qui avaient réussi à s’extraire de la pauvreté au cours des dix dernières années risquent d’y retomber, a souligné jeudi le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

« Un an après, certains estiment que la fin de la crise pointe son nez, mais nos chiffres révèlent un tableau différent. Nous ne sommes pas encore sortis de l’ornière – et la crise [économique] vient s’ajouter à la crise alimentaire et la pandémie [de grippe H1N1] », a dit M. Ban lors de sa conférence de presse mensuelle à New York.

« On s’aperçoit que ce ne sont pas ceux affectés de pauvreté chronique qui sont le plus touchés mais ceux qui sont juste au-dessus du niveau de pauvreté, qui ont un travail et dont la vie s’était améliorée de façon significative ces 10 dernières années », a-t-il ajouté.

« Les quasi-pauvres deviennent les nouveaux pauvres », a dit Ban Ki-moon. « Plus de 100 millions de personnes risquent de retomber sous le niveau de pauvreté cette année », a-t-il insisté.

Le Secrétaire général a déclaré qu’il mettrait l’accent sur ce point au sommet du G20 (pays industrialisés et grands pays émergents) de Pittsburgh (Etats-Unis) qui a lieu la semaine prochaine.

Il a déjà écrit aux leaders du G20 cette semaine leur demandant d’accélérer les mesures pour protéger les pays pauvres durant la crise et celles mesures sur le changement climatique et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

M. Ban a par ailleurs insisté sur l’aspect statistique de la question. « Pour prendre les décisions politiques adaptées il nous faut savoir en temps réel ce qui se passe sur le terrain. C’est difficile parce que nous n’avons pas encore toute l’information dont nous avons besoin », a-t-il dit.

Le système des Nations Unies travaille avec les Etats Membres pour créer un réseau adapté au XXIème siècle de collecte des données, d’analyse et de transmission des évolutions critiques sur le terrain. Il développe notamment un système d’alerte sur l’impact et la vulnérabilité mondiales (GIVAS), a indiqué le Secrétaire général.

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