Alcool au volant : les juges toulousains serrent la vis

police-toulouse-bayard.JPGMardi après-midi, le tribunal correctionnel de Toulouse fleurait les effluves d’alcool. L’adéquation jeunesse, “fiesta et alcool” n’a pas fait grand effet auprès des juges.

L’alternative est simple : soit on oublie bien vite les élans de la jeunesse, soit on cherche à enrayer à tout prix la délinquance sur les routes.

Dans le box des accusés, se sont succédés trois jeunes garçons. P. 18 ans, A. 18 ans et J. 20 ans.

Tous jeunes titulaires du permis B, ces jeunes adultes n’ont pas mesuré l’impact de leur inconscience jusqu’à cette confrontation avec le juge. “Nous ne tolèrerons aucune malveillance de votre part au volant. Vous avez mis en danger la vie d’autrui avant votre propre vie.”

P. Un jour de permis : 0, 60 g par litre de sang

Quand P. 18 ans, c’est présenté à la barre, ses jambes flanchaient, sa voix se brouillait. La veille, il avait “voulu fêter son permis avec les potes”. Mais la soirée a pris un étrange tournant lorsqu’à la sortie d’un virage, une patrouille de police a interpellé le tout jeune conducteur sous l’emprise d’alcool. “J’ai bu deux bières, juste deux bières, je pensais pas ne pas avoir le droit de conduire après” clame le prévenu. Pour ce jeune garçon, fraîchement bachelier et titulaire du sésame rose, il n’y avait pas mort d’homme. “Vous auriez pu tuer des vies si vous n’aviez pas été arrêté avant ” tranche le juge.

Après vingt minutes d’audience, le verdict tombe : P. écope de deux mois de prison assorti de sursis. La famille peut souffler. Plus de peur que de mal.

A. Quand tout va trop vite

Il a tout juste 18 ans, mais A. vit déjà à 100 à l’heure sur les petites routes de campagnes. Interpellé pendant la nuit de samedi à dimanche après avoir percuté une voiture à l’arrêt, A. a aggravé son cas par la violence. Bilan : un blessé léger et beaucoup de frayeur. Au main des policiers, A. s’énerve, s’agite et finit par retourner sa violence contre un policier d’une trentaine d’années. Il s’excuse : “Je ne savais plus ce que je faisais.”

Pour la défense, A. aurait été un peu “chahuté” par les forces de l’ordre. Ses premiers faits d’armes en matière de conduite en état d’ivresse remontent à six mois. Récidive.

“C’était sa deuxième chance,” lance le procureur de la république. Ce sera six mois d’emprisonnement dont deux avec sursis et réparation financière auprès du conducteur de la voiture percutée. 6000 euros.

J. 20 ans : premier faux pas

La vie était tout sourire pour J., 20 ans et promis à un avenir brillant. Etudiant à l’université des sciences sociales, en droit, le jeune homme n’avait jamais eu à faire à la justice.

“Pour une fois que je fais une connerie, je me retrouve devant un juge. Je ne suis pas un délinquant.” Face à la cour, il garde toute son assurance. Le jeune homme n’en est pas à son premier oral et il connait le droit. La défense renchérit : “On ne peut pas le traiter comme un voyou, J. a fait une erreur, c’est son premier faux pas.”

Les faits pourtant sont là : conduite en état d’ivresse, refus d’obtempérer et mise en danger de la vie d’autrui. J. conduisait, ivre, la nuit de vendredi à samedi, à contre sens sur une nationale. Plusieurs véhicules ont du l’éviter de justesse.

A bord de cette voiture suicide, une jeune femme, la petite amie de J. hurlait à J. de stopper la voiture. Ivre de lui-même, ce jeune homme avait certainement voulu épater sa belle en jouant les caïds. Pari perdu pour J. : sa petite amie n’était pas dans l’assemblée.

Double peine : retrait de permis et interdiction de le repasser avant deux ans. En attendant, J. pourra réfléchir à sa conduite en prenant des leçons.

Oïhana Igos

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