Site de Babylone : l’UNESCO demande un intervention d’urgence

Il faut intervenir d’urgence pour réparer les dégâts dus principalement à la négligence et au manque d’entretien sur le site archéologique de Babylone en Irak, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) présenté jeudi à Paris.

Le document, intitulé « Rapport final de l’UNESCO sur l’évaluation des dégâts à Babylone », juge toutefois « encourageant » le fait qu’il n’existe « aucun signe de dégâts causés de manière intentionnelle ou accidentelle au site de Babylone depuis décembre 2004. « Aujourd’hui, les problèmes majeurs sont dus à la négligence et au manque d’entretien. Tous les édifices restaurés de Babylone sont en mauvais état, en particulier les temples de Ninmah, de Nabû a hare et d’Ishtar, les maisons babyloniennes et le palais sud de Nabuchodonosor, autant de bâtiments sur lesquels il faut intervenir d’urgence », conclut ce rapport élaboré par le sous-comité sur Babylone du Comité international de coordination pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l’Irak de l’UNESCO (ICC-Irak).

Babylone, qui se trouve à 90 km au sud de Bagdad, a été la capitale de deux célèbres rois de l’Antiquité : Hammourabi (1792-1750 av. J.-C.), à l’origine d’un des premiers codes de lois de l’Histoire, et Nabuchodonosor (604-562 av. J.-C.), qui a fait construire les jardins suspendus de Babylone, une des sept merveilles du monde.

La ville intérieure couvre 2,99 km2 tandis que les murs extérieurs, qui encerclent la ville à l’est et à l’ouest de l’Euphrate, englobent une superficie de 9,56 km2. Classée site archéologique dès 1935, Babylone a fait l’objet de fouilles partielles au cours du siècle dernier, mais il reste encore beaucoup à découvrir de cette cité antique.

Le rapport de l’UNESCO rappelle que les autorités irakiennes ont mené un ambitieux projet de restauration archéologique entre 1978 et 1987, dans le cadre duquel des bâtiments antiques ont été reconstruits et des équipements modernes introduits. Des travaux d’aménagement majeurs ont également été entrepris, « au grand détriment du site », notamment pour permettre la construction d’un nouveau palais pour Saddam Hussein.

La ville archéologique a par la suite été pillée lors de la guerre en 2003 : des objets appartenant aux musées de Nabuchodonosor et d’Hammourabi ainsi qu’à la bibliothèque et aux archives de Babylone ont été dérobés et détruits. Le site a servi de base aux forces de la coalition entre 2003 et 2004. Dans un rapport publié en 2005, le British Museum comparait cette intrusion à « l’établissement d’un camp militaire autour de la grande pyramide en Egypte ou du site de Stonehenge en Grande-Bretagne ». Le rapport de l’UNESCO précise que la ville archéologique a subi d’importants dégâts dus à des travaux de creusement, percement, arasement et nivelage. Parmi les principales structures endommagées « figurent la porte d’Ishtar et le chemin de procession ». Depuis, Babylone a été restituée au Conseil des antiquités et du patrimoine irakien (SBAH).

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