Procès AZF : entracte de 4 mois avant vérité judiciaire

me-daniel-soulez-lavriere.jpgC’est la fin. 8 ans après la catastrophe AZF et 4 mois de procès, le tribunal pénal a suspendu son audience jusqu’au 19 novembre. Lundi, la salle Jean Mermoz fourmille de journalistes, avocats et parties civiles. Me Daniel Soulez-Larivière, célèbre avocat, reconnu pour avoir défendu de grandes entreprises, défend Serge Biechlin et la filiale de Total, Grande Paroisse. Il demande leur relaxe.

Depuis le début des plaidoiries, les avocats de la défense contestent l’hypothèse de l’accident. « Cette affaire est un échec », débute Me Soulez-Lavrière d’une voix claire mais puissante. Malgré la longueur des débats et de l’instruction : aucune certitude sur la cause de l’explosion du hangar 221. Le déversement accidentel de nitrates sur un produit chloré ne peut être prouvé.

L’avocat rappelle que même les magistrats se sont montrés réservés sur ce dossier : « Je les entends encore dire : Il n’y a rien dans le dossier ! » [Il imite l’accent toulousain, NDLR]. Pour lui, « c’est comme si on cherchait l’arme du crime sans la trouver. »

Pirouettes des autorités.

Daniel Soulez-Larivière a critiqué le travail des experts et de sa collaboration avec eux. « Une lutte pénible car c’est dur de se faire prendre pour des idiots ! ». Il ne comprend toujours pas pourquoi les experts ne se sont pas rendus compte avant du ridicule de leur reconstitution.

Rapidement après le cataclysme, les autorités politiques avaient écarté toutes les pistes d’attentat. Erreur d’appréciation? Faute grave? La question reste ouverte « Aujourd’hui, les choses ont changé » Il fait le parallèle avec le crash de L’Airbus AF 447 Rio-Paris. Comparaison audacieuse qui appuie là où ça fait mal. « Les membres du gouvernement, le chef de l’Etat ont dit : On ne sait rien ». Daniel Soulez-Larivière s’est exprimé sur l’échec de l’enquête “Je pense que personne n’est arrivé à savoir, de façon raisonnablement certaine, ce qui s’est passé le 21 septembre 2001.”

Après une audience consacrée demain aux intérêts civils, aux dédommagements de 3 090 parties civiles, le verdict sera donné le 19 novembre à 15 heures. La responsabilité pénale de Total et de Thierry Desmarest, poursuivis par certaines parties civiles pourrait être reconnue, malgré la non-citation du parquet. Serge Biechlin et Grande Paroisse encourent la prison avec sursis et de lourdes amendes.

Témoignages contre expertises : les conclusions divergent.

Me Daniel Soulez-Larivière a alors évoqué à nouveau les témoignages les plus troublants : ceux notamment qui ont parlé de deux explosions. “Je ne peux pas mettre cela dans la grande poubelle de l’Histoire”. Une explosion ou deux : la différence n’est pas négligeable pour la défense de Total et Grande Paroisse. « On a un problème et on ne peut pas mettre cela sur le compte de la subjectivité des témoignages ». Forcé de résumer les thèses des deux deux explosions, Me Daniel Soulez-Lavière a tenté de prouver la subjectivité du regard.

Entre faux témoignages et fausses perceptions. « Il s’est passé quelque chose que les gens ont perçu. On ne les en fera pas démordre et je pense qu’ils ont raison ».

Les parallèles entre d’autres catastrophes sont faciles : crash du vol TWA 800 ou le crash du Mont-Saint-Odile. Trop souvent la justice n’a pas su trouver les causes de ces accidents. Alors que le procès d’azf tire sa révérence, reste à savoir si l’explosion du hangar 221 s’inscrira lui-aussi dans la liste des catastrophes mythiques des livres d’Histoire. AZF ou l’affaire non élucidée. Le procès a trop duré. Face à la cour, les parties civiles restent sur leur faim. Verdict le 19 novembre prochain.

Oïhana Igos

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