Crise Economique : face au G20, l’ONU veut un G192

A la veille du coup d’envoi de la Conférence des Nations Unies sur la crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement, le président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, Miguel d’Escoto Brockmann, a annoncé « la bonne nouvelle » selon laquelle les négociations sur le projet de document final de la Conférence se sont terminées avec succès.

Au cours de la conférence de presse qu’il a tenue aujourd’hui au Siège de l’ONU à New York, Miguel d’Escoto Brockmann a indiqué que les deux Facilitateurs des négociations, Camilo Gonsalves, Représentant permanent de Saint-Vincent-et-les Grenadines, et Frank Majoor, son homologue des Pays-Bas, s’apprêtaient à soumettre le texte issu de ces pourparlers à l’approbation du Comité plénier, avant qu’il ne soit présenté à la Conférence elle-même.

Nous aurons, a-t-il pronostiqué, « une Conférence à la hauteur de la gravité de la crise qui frappe le monde actuel ». S’il a refusé de dévoiler les détails du projet de document final, il a assuré « qu’il sera apprécié parce qu’il répond aux préoccupations de tous et pas seulement à celles de quelques uns ».

Le président de l’Assemblée a écarté les « spéculations » selon lesquelles le Groupe des 77 serait « très déçu » par un texte qui, d’un autre côté, serait par ailleurs jugé « tout simplement inacceptable » par l’Union européenne (UE), dont certains membres auraient qualifié la Conférence de « blague, tragédie et perte de temps ».

M. Brockmann a refusé d’établir un lien entre ces « rumeurs » et le fait que de nombreux chefs d’État européens aient déclaré ne pas être en mesure de participer à la Conférence. « Je suis très satisfait de la manière dont les choses se sont passées », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’« il n’a jamais été question de pointer un doigt accusateur sur tel ou tel groupe d’États Membres ».

Les négociations sur l’opportunité de tenir la Conférence, puis celles qui ont eu lieu sur le projet de document final ont été longues et ardues, a reconnu le président. Auteur lui-même d’un avant-projet de document « accueilli froidement par l’Union européenne et les États-Unis », le 8 mai dernier, il a indiqué qu’il n’a jamais espéré que son texte fasse l’unanimité.

La Banque mondiale indique que les conséquences de la crise sur le monde en développement seront plus graves que ce que prévoyaient les estimations les plus pessimistes, et qu’elles seront dévastatrices pour les pays qui n’ont pas mis en place des filets de sécurité, a rappelé le président de l’Assemblée.

Notre avenir commun, a-t-il insisté, dépend de cette Conférence. Il s’est félicité qu’après une « longue mise à l’écart », l’ONU recouvre son rôle dans les domaines économique et financier, en tant que « G-192 », seul forum international à légitimité universelle et démocratique.

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