Procès AZF : les parties civiles plaident et accusent

montatge-azf.jpgMardi matin a commencé à la barre, le défilé des plaidoiries dans le procès marathon de la catastrophe de l’usine AZF. Sur le banc des parties civiles, 210 personnes physiques, 18 associations et syndicats.

En quête de vérité depuis 8 ans, elles espèrent connaître les causes de la catastrophe.

Les avocats Agnès Casero pour l’Association des Victimes d’AZF, Stella Bisseuil pour les Familles endeuillées, Christophe Léguevaques pour la Mairie de Toulouse et sinistrés du 21 septembre, et Pierre Alfort au nom de la Famille d’ Hassan Jandoubi ont fait part de leurs doutes sur les pistes suivies par la défense. Selon eux, des négligences ont conduit l’explosion de l’usine.

Recherche de vérité

Maître Stella Bisseuil a insisté sur la “calomnieuse enquête interne”. Si les pistes de la météorite, de la piste électrique ou encore celle de l’explosion de gaz à l’air libre ne sont plus d’actualité pour la défense, ces hypothèses demeurent « insuffisamment explorées » pour l’accusation.

Les experts judiciaires ont maintenu leurs conclusions. L’explosion serait due à un mélange involontaire de produits chlorés avec des nitrates déversés sur un tas d’ammonitrates dans le hangar 221.

Pour l’avocate de l’Association de familles endeuillées Maître S. Bisseuil , le témoignage d’un chercheur du CNRS de Poitiers contredit la position de la défense. « Grande-Paroisse lui a commandé un rapport dont les conclusions vont dans le sens de l’accusation, mais la société lui a demandé de ne pas le publier. Cela montre jusqu’où ils sont capables d’aller pour masquer la vérité »

Donner un sens à la catastrophe

Me Agnès Casero et Me Christophe Léguevaques ont remis en cause l’accidentologie, « les mensonges et dissimulations du groupe ». Me Pierre Alfort a plaidé pour la mémoire d’Hassan Jandoubi. “Les morts d’aujourd’hui doivent parler aux vivants de demain. C’est donner un sens à la catastrophe” déclare Me Stella Bisseuil.

L’avocat des prévenus laisse planer le doute : « Sur la question de la piste volontaire, des choses n’ont pas été faites dès le début de l’enquête. » « Stratégie de défense, répond Stella Bisseuil. Ils continuent à alimenter plusieurs pistes. Or, ils ont les moyens de savoir si c’est un attentat ou pas. »

L’explosion de l’usine le 21 septembre 2001 avait provoqué la mort de 31 personnes et des dégâts évalués à plusieurs milliards d’euros.

Homicides involontaires et dégradations de biens : les prévenus de ce procès Serge Biechlin, directeur d’AZF et la société Grande Paroisse, filiale du groupe Total exposeront leur défense dès jeudi prochain.

Oïhana Igos

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