Grippe Porcine : l’OMS fait oeuvre de pédagogie

Face à la multiplication des cas de grippe porcine enregistrés chez l’homme dans plusieurs pays, dont le Mexique, les Etats-Unis et le Canada, l’Organisation mondiale de la santé explique ce qu’il faut savoir sur cette maladie et sur ses répercussions sur la santé humaine. Les 9 questions clés de cette grippe.

Qu’est-ce que la grippe porcine?

La grippe porcine est une maladie respiratoire aiguë du porc hautement contagieuse, provoquée par l’un des quelques virus grippaux porcins de type A, dont la morbidité a tendance à être élevée et la mortalité faible (1-4%). Le virus se propage chez les porcs par des aérosols, par contact direct et indirect, ainsi que par des animaux porteurs asymptomatiques. On enregistre des flambées chez les porcs tout au long de l’année, avec une incidence accrue à l’automne et en hiver dans les zones tempérées. De nombreux pays vaccinent systématiquement les populations de porcs contre la grippe porcine.

Les virus grippaux porcins appartiennent le plus souvent au sous type H1N1, mais d’autres sous-types circulent également (par exemple, H1N2, H3N1, H3N2). Les porcs peuvent être infectés par des virus grippaux aviaires et des virus de la grippe saisonnière humaine, aussi bien que par des virus grippaux porcins. On pense qu’ à l’origine le virus porcin H3N2 a été introduit chez le porc par l’homme. Il arrive que les porcs soient infectés par plusieurs types de virus en même temps, ce qui peut permettre aux gènes de ces virus de se mélanger, et d’engendrer un virus grippal contenant des gènes provenant de diverses sources appelé « virus réassorti ». Bien que les virus grippaux porcins soient normalement spécifiques d’;espèce et n’infectent que les porcs, ils franchissent parfois la barrière d’espèce pour provoquer la maladie chez l’homme.

Quelles en sont les répercussions sur la santé humaine?

Des flambées des infections sporadiques de grippe porcine chez l’homme ont été parfois rapportées. Les symptômes cliniques généraux sont les mêmes que pour la grippe saisonnière, mais le tableau clinique rapporté est très variable, allant d’une infection asymptomatique jusqu’à une pneumonie grave entraînant le décès.

Comme le tableau clinique classique de l’infection par le virus de la grippe porcine chez l’homme ressemble à ceux de la grippe saisonnière et d’autres infections des voies respiratoires supérieures, la plupart des cas ont été dépistés par hasard à l’occasion de la surveillance de la grippe saisonnière. Des cas bénins ou asymptomatiques peuvent être passés inaperçus et c’est pourquoi on ignore quelle est l’étendue réelle de la maladie chez l’homme.

Où se sont produits les cas enregistrés chez l’homme?

Depuis la mise en application du RSI (2005) en 2007, l’OMS a reçu des notifications de cas de grippe porcine en provenance des États-Unis d’Amérique et d’Espagne.

Comment les gens contractent-ils l’infection?

En général, les gens contractent la grippe porcine à partir de porcs infectés, mais certains cas répertoriés chez l’homme ne montrent aucune notion de contact avec des porcs ou des environnements où des porcs auraient séjourné. Il y a eu transmission interhumaine dans quelques cas mais elle a été limitée aux contacts proches ou à des groupes fermés.

Peut-on manger de la viande de porc et des produits dérivés du porc en toute sécurité?

Oui. Il n’a pas été démontré que la grippe porcine puisse être transmissible à l’homme par l’ingestion de viande de porc ou d’autres produits dérivés du porc correctement manipulés et préparés. Le virus grippal porcin est tué par des températures de cuisson de 160°F/70°C, ce qui correspond aux instructions généralement données pour la préparation du porc et d’autres viandes.

Quels pays ont été touchés par des flambées chez le porc?

La grippe porcine n’est pas une maladie à déclaration obligatoire aux autorités de santé vétérinaire internationales (OIE), on ne connaît donc pas très bien sa répartition internationale. Elle est considérée comme endémique aux États-Unis d’Amérique. On sait également que des flambées se sont produites chez les porcs en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe (notamment au Royaume-Uni, en Suède et en Italie), en Afrique (Kenya) et dans certaines parties d’Asie, notamment en Chine et au Japon.

Qu’en est-il du risque de pandémie?

Il est probable que la plupart des gens, en particulier ceux qui ne sont pas régulièrement en contact avec des porcs, ne possèdent pas l’immunité contre les virus grippaux porcins qui permettrait de prévenir l’infection. Si un virus porcin parvient à établir une transmission interhumaine efficace, il peut provoquer une pandémie de grippe. Il est difficile de prédire les effets d’une pandémie provoquée par un tel virus: ils dépendent de la virulence du virus, de l’existence d’une immunité chez les gens, de la protection croisée conférée par les anticorps fabriqués à l’occasion d’une grippe saisonnière, ainsi que de facteurs liés à l’hôte.

Existe-t-il un vaccin pour protéger l’homme contre la grippe porcine?

Il n’existe aucun vaccin renfermant le virus grippal porcin actuel à l’origine de la maladie chez l’homme. On ignore si les vaccins contre la grippe saisonnière peuvent conférer une protection. Les virus grippaux évoluent très rapidement. Il est important de mettre au point un vaccin contre la souche virale qui circule actuellement, de façon qu’il confère une protection maximum aux sujets vaccinés. C’est pourquoi l’OMS doit avoir accès au plus grand nombre de virus possible pour pouvoir sélectionner le virus vaccin candidat approprié.

De quels médicaments dispose-t-on pour le traitement?

Des antiviraux contre la grippe saisonnière sont disponibles dans certains pays et ils permettent de prévenir et de traiter efficacement cette maladie. Il existe deux classes d’antiviraux : 1) les adamantanes (amantadine et rémantadine) et 2) les inhibiteurs de la neuraminidase des virus grippaux (oseltamivir et zanamivir).

La plupart des cas de grippe porcine précédemment notifiés ont montré un rétablissement complet sans assistance médicale ni antiviraux.

Certains virus grippaux développent une résistance aux antiviraux, limitant l’efficacité de la chimioprophylaxie et du traitement. Les virus obtenus à partir des cas de grippe porcine récemment dépistés chez l’homme aux États-Unis d’Amérique étaient sensibles à l’oseltamivir et au zanamivir mais résistants à l’amantadine et à la rémantadine.


Partager

Articles Récents

4,5 millions pour agrandir le Pic du Midi

Un nouveau projet immobilier débute au sommet du Pic du Midi. Avec la création en extension de deux nouveaux bâtiments,…

15 novembre 2019

Mois de la création reprise d’entreprise en Occitanie

Pour sa troisième édition, le mois de la création reprise d’entreprises se tiendradu 13 novembre au 13 décembre 2019 dans…

15 novembre 2019

Double meurtre à Montauban

Deux femmes ont été découvertes mortes dans la nuit de mercredi à jeudi dans une maison d'un quartier résidentiel. Deux…

14 novembre 2019

Toulouse, la neige n’est pas loin ce jeudi

4 degrés et de la pluie ce jeudi matin aux alentours de 7h : la neige tombe non loin de…

14 novembre 2019

Arthur Bonneval prolonge au Stade Toulousain

Arthur Bonneval (1,81m - 82kg), dont le contrat expirait en juin 2020, a prolongé son engagement avec le Stade Toulousain de…

14 novembre 2019

13 novembre, la France rend hommage aux victimes des attentats

Les commémorations des attentats du 13 novembre 2015 ont commencé ce mercredi depuis le Stade de France. 130 morts Les…

13 novembre 2019