Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, a fait part de sa préoccupation mardi à Genève après le renvoi forcé de vingt Ouïghours en Chine par le Cambodge.
Ces personnes avaient demandé l’asile au Cambodge après avoir fui leur pays à la suite des troubles ayant secoué la région du Xinjiang (Turkestan oriental) dans l’ouest de la Chine. Des affrontements meurtriers ont opposé les communautés ouïghoure et han l’été dernier.
« A la lumière des informations que j’ai reçues faisant état de tortures graves à la suite des événements de juillet, et des récentes exécutions dans la région du Xinjiang en violation des garanties de justice équitable les plus basiques, il s’agit d’une violation flagrante des obligations du Cambodge en vertu du principe de non-refoulement tel que stipulé par l’article 3 de la Convention des Nations Unies contre la torture », a déclaré M. Nowak.
« La situation est aggravée par le fait que j’avais, via une communication urgente, rappelé auparavant au gouvernement cambodgien ses obligations internationales, a ajouté le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
La décision d’expulser ces vingt personnes vers la Chine a anticipé le résultat de leur demande d’asile qu’elles attendaient. « Cela signifie, selon M. Nowak, que les autorités cambodgiennes ont, en pleine connaissance, empêché une décision quant à leur statut de réfugiés en vertu de la Convention de Genève sur les réfugiés, sans prendre en compte le fait que les expulsés risquaient d’être torturés ou de subir d’autres mauvais traitements, voire la peine de mort ».
Le Rapporteur spécial a appelé les autorités chinoises à traiter ces vingt personnes de manière humaine à leur retour, en accord avec les normes internationales, à leur accorder le droit de visite au cas où elles seraient détenues et à leur garantir un procès équitable si elles devaient être poursuivies ».
De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’était dit consterné samedi. Le HCR avait exprimé sa profonde préoccupation face aux cas de renvoi involontaire de demandeurs d’asile avant que leur requête n’ait été examinée. Il avait déploré une tendance à la multiplication de tels cas un peu partout dans le monde.
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